‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 230 sur 444 · LES ELEPHANTS · texte numérisé non relu

LES ELEPHANTS

Le sable rouge est comme une mer sans limite -.

Et qui flambe, muette, affaissée en son lit.

Une ondulation immobile remplit

L'horizon aux vapeurs de cuivre où l'homme habite.

Nulle vie et nul bruit. Tous les lions repus Dorment au fond de l'antre éloigné de cent lieues, Et la girafe boit dans les fontaines bleues, Là-bas, sous les dattiers des panthères connus.

Pas un oiseau ne passe en fouettant de son aile L'air épais où circule un immense soleil. Parfois quelque boa;, chauffé dans son sommeil. Fait onduler son dos dont l'écaillé étincelle.

Tel l'espace enflammé brûle sous les cieux clairs. Mais, tandis que tout dort aux mornes solitudes. Les éléphants rugueux, voyageurs lents et rudes. Vont au pays natal à travers les déserts.

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