‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 283 sur 444 · LE PAUVRE ET L'ÉTÉ · texte numérisé non relu

LE PAUVRE ET L'ÉTÉ

Quand l'été vient, le pauvre adore !

L'été, c'est la saison de feu, C'est l'air tiède et la fraîche aurore: L'été, c'est le regard de Dieu.

1. Bouder est faire la moue, se refuser à quelque chose par mauvaise humeur. On dit bouder eontre son ventre.

2. C'est-à-dire : et qu'on dise la vérité très exacte, sans tarder. 5. L'expression est bien enfantine.

4. C'est-à-dire : il y a bien des ouvriers sans travail, et par conséquent très pauvres.

L'été, la nature éveillée*

Partout se répand en tout sens,

Sur l'arbre en épaisse feuillée,

Sur l'homme en bienfaits caressants...

Hlle donne vie et pensée

Aux pauvres de l'hiver sauvés,

Du soleil à pleine croisée,

Et le ciel pur, qui dit : « Vivez! »

Sur les chaumières dédaignées Par les maîtres et les valets.

Joyeuse, elle jette à poignées Les fleurs qu'elle vend aux palais \

Son luxe aux pauvres seuils s'étale.

Ni les parfums ni les ravons

N'ont peur, dans leur candeur rovale.

De se salir à des haillons'.

Sur un toit où l'herbe frissonne Le jasmin veut bien se poser.

Le lis ne méprise personne.

Lui qui pourrait tout mépriser!

Alors la masure où la mousse Sur l'humble chaume a déborde Montre avec une fierté douce Son vieux mur de roses brodé».

L'aube alors de clartés baignée, Entrant dans le réduit profond, Dore la toile d'araignée Entre les poutres du plafond.

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