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UNE LHÇON DH PHILOSOPHIE POPULAIRE

iMaintenant cherchez-vous quelle est l'intelligence

Qui croise tous les fils de cette trame immense

Et les fait l'un vers l'autre à jamais graviter,

Sans que dans leur orbite ils aillent se heurter?

Enfants, quand vous allez paître au loin vos génisses

Aux flancs de la montagne, au bord des précipices.

Et qu'assis sur un roc vous avez sous vos pas

Ce lac bleu comme un ciel qui se déploie en bas.

Vous voyez quelquefois l'essaim des blanches voiles.

Disséminé sur l'eau comme au ciel les étoiles',

De tous les points du lac se détacher des bords.

Sortir des golfes verts, ou rentrer dans les ports,

Ou, se groupant en cercle, avec la proue écrire -

Des évolutions que le regard admire;

Et vous ne craignez pas, mes amis, cependant.

Que ces frêles esquifs, l'un l'autre s'abordant.

Se submergent sous l'onde, ou que leurs blanches ailes.

Se froissant dans leur vol, se déchirent entre elles.

Car, quoique sous la voile on ne distingue rien

Dans cet éloignement, pourtant vous savez bien

Que de chaque nacelle un pêcheur tient la rame,

Que chacun des bateaux a son œil et son âme ',

Qui gouverne à son gré sa course de la main

Et lui fait discerner et choisir son chemin.

Eh bien! pour diriger sur l'eau cette famille,

S'il faut une pensée à la frêle coquille.

Ces mondes, que de Dieu l'effort seul peut brider.

N'en auraient-ils pas une aussi pour se guider ^?

1. Voilà comment les idccb les plus abstnute> peuvent devenir sensibles et parler à la raison par les yeux.

2. Décrire serait plus juste. Mais à quoi bon cliercher des taches au soleil !

5. Oh! le beau vers, dont la portée est ici très philosophique! 4. Cet argument de simple bon sens est une réponse victorieuse à bien des sophismes.

Ils en ont, mes enfants ! Dieu même est leur pilote : C'est lui qui, dans son ciel, a fait cinpicr leur flotte; rhacun de ces soleils, éclairé par son œil,

r sur ces océans son port ou son écueil; 1 ous ont reçu de lui le signal de la route. Pour paraître, à son heure', à leur point de sa voûte, L'œuvre de chaque globe à son appel monté Est de glorifier sa sainte volonté.

De suivre avec amour le sentier qu'il lui trace Ht de refléter Dieu dans le temps et l'espace; 1 r tous obéissants, de rayon en rayon, bc transmettent son ordre et font luire son nom ; Et sa gloire en jaillit de svstème en système. Et tout ce qu'il a fait lui rend gloire de même; Et sans acception' son œil monte et descend Pc l'orbe des soleils aux cheveux de l'enfant,

jusqu'au battement de l'insensible artère Uc l'insecte qui rampe à vos pieds sur la terre!...

A UN ViK.Wl hCOLIliK

Monsieur l'écolier sérieux.

Vous m'aimez encor, je j'espère ?

Levez un moment vos grands veux î Fermons ce gros livre ennuveux.

Et souriez à votre père. ^

Il est beau d'être un raisonneur, De tout lire et de tout entendre % De remporter les prix d'honneur!...

C'est, je crois, un plus grand bonheur D'être un enfant aimant et tendre.

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