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LA JEUNESSE A CORNEILLE

Sols notre poète, ô Corneille M Toi dont les héros familiers Chantaient si haut à notie oreille, Lorsque nous étions éc(jliers.

Dans nos poitrines oppresrées Mets un cœur stoïque et chrétien, Comme aux enfants de tes pensées Tu prêtas la chaleur du tien.

Va, France de héros prodigue, Si quelqu'un te soufflette au iront 3, Nous aurons le bras de Rodii^ue Pour combattre et laver l'affiont:

Et jusque-là, — mâle remède A la honte des jours vécus, - - Nous aurons, comme Nicomède-»

La fierté, — qui sied aux vaincus.

I. Sunces dites au Théâtie-Franv^is >ie Rouen, pour l'anniversaire de Corneille.

2. Car vous sommes H u de ta race. Malgré l'opprol: i des revers, Père de Pauline et d'Horace, Qui nous as nourris de les vers.

Do RCH AIN.

5. Allusion au soufflet donné à Don Diègue, père de Rodrigue, par Don Gomès.

4. C'est le fils de Prusias, roi de Bithynie. Dans la tragédie à laquelle il donne son nom, il tient tête aux Romains, et leur dit fièrement de courageuses vérités.

Oh ! si dans un jour de faiblesse.

Baissant le front, croisant les bras,

Nous renions notre jeunesse, (Corneille, tu nous renieras.

Nous ne comprendrons plus ton livre :

Tes grands vers, tant de fois relus, Dont la fanfare nous enivre, L(^ lâche ne les entend plus.

Mais, si nous avons fait nos preuves Ft toujours porté haut le cœur.

Si dans la lutte et les épreuves Ton ferme conseil fut vainqueur.

Nous saluerons encor ton buste.

Nous redirons encor tes vers.

Et nous ceindrons ta tète auguste De nouveaux lauriers — toujours verts.

Auguste Dorcmain

JHAX AICARD (18.48). \c à Toulon, il se fit .m

connaître par ses cvuvrcs que couronna plusieurs fois . ;nie

fran«;aisc, entre autres Us Jeunes croyances, les Poèmes de Proirtue, la Clxinson de Vlinfant, Miette et Xore. îies chants ont de la verve, de la la force, de l'éclat, de la chaleur et de réniolion.

ANDRIHUX (i7S5-i8u). Professeur au a>llège de France,

«.'ruJi: îM^'!,:i... ;' 1 J ' ur d'florace qu'il a traduit ave*^

.iis.uKL. At::c v!^ i. :. urd'hui s»i plus sûre renommé*-*

au joli conte du MeunUr Sans-Souci.

PAUL ARHNH (iSpO. Ne à Sisteron, en V- -ur

de comédies applaudies ('/'«Vmi'/ Iknîier, un Dun 'les,

l'Ilote) et de contes spirituels, il a chanté son pa)'s lutai en vers émus et pittoresques.

ARNAL'LT (1766- 18 54). Né à Paris, il fit des tr.igé-dies. mais qui ne valent pas son recueil de Fables, et quelque*s pièces légères dignes encore de mémoire.

JOSHFH AUTR AN (1815-1877). Né à Marseille, membre de l'Académie française, il a publié, chez M. Caïman- Lévy, la Mer (185)), Milianah (1842), Laboureurs et Soldats (1854), la Vie rurale (1856), lipitrei rustidues (1861), le Poètfu des batux jours (1862). Il aime à peindre les pauvres gens, les petits et les humbles.

THI-ODORE DE BANVILLE (1825). Né i Moulins, l'auteur des Cariatides (1841), des Stalaitiqurs et des OdeUtUs

I S'il y a des lacunes dans a : ' ' ':: ni aride ct brvi,

c'est que des rcnscij»ncmcnts p lui sur certains

noms.

(1846), des Odes funambulesques (1857) et des Idylles prussiennes (1871), est un des maîtres les plus habiles du rj-thme et de la rime. Il a le culte de l'art, et le scrupule presque superstitieux de la forme. C'est le plus adroit des ciseleurs.

FRÉDÉRIC BATAILLE (1850). Né à Mandeure(Doubs), ancien instituteur, aujourd'hui professeur au lycée Michelet, il a public Premières rimes (1875), une Lyre (1883), le Clavier d'or (1884), le vieux Miroir (1887). Ses vers sont d'un penseur et d'un moraliste.

EMILE BERGERAT (1845). Auteur de chroniques et de comédies ingénieuses, il a composé sous le titre de Poèmes de la Guerre des élégies et des odes dont le talent vaut le patriotisme.

MADAME BLANCHECOTTE (1836). Tout en procédant de Lamartine et de M^c Desbordes-Valmore, son talent reste très personnel par un accent de mélancolie sincère et de stoïcisme attendri. Ses Militantes sont l'œuvre d'un poète généreux et sympathique.

HENRI DE BORNIER (1825). Né dans le Languedoc, à Lunel, célèbre par des drames généreux, la Fille de Roland (1875), les Noces d'Attila (1881), plusieurs fois lauréat de l'Académie, il a publié le poème des Premières feuilles, en 1845, et d'éloquents à-propos, l'Isthme de Sue:(, la France dans l'Extrême-Orient.

MAURICE BOUCHOR (1855). Il publia son premier volume, les Chansons joyeuses, à dix-neuf ans ; il n'a pas cessé de mériter l'estime des connaisseurs par les témoignages les plus divers d'un talent qui est toujours en progrès. Parmi ses œuvres les plus récentes, signalons les Symboles, VAurore et le mystère de Tobie.

PAUL BOURGET (1852). Écrivain aussi soucieux de la forme que de la pensée, psychologue raffiné, très parisien et très moderne, il a débuté dans les lettres par des poèmes que sa fine prose n'a point fait oublier, entre autres Edel, qui annonçait un goût prononcé pour l'analyse des sentiments ou des caractères empruntés à un milieu contemporain.

JULES BRETON (1827). Peintre et poète, il excelle à représenter la nature avec sincérité. Son premier livre, les Champs et la Mer, nous offre, comme ses tableaux, des glaneurs, des moissonneurs, des files de pécheurs. Signalons encore les Deux Croix, le poème du Pardon, et un roman en vers intitulé /m//«^.

BRIZEUX (1803-1858). NéàLorient, il pourrait être appelé un barde breton ; car c'est la Bretagne qu'il a chantée dans des élégies familières ou de rustiques épopées (Marie, les Ternaires

OU h Fhitr d'or, les Bidons, les Histoires poe'tiqius). Il aima s.i patrie, la nature et l'art. I! est élégant rt fin. L'rêle et iVcîi- «.oinnula fleur sauvage des bruyères.

RORFRT C.\ZH (1855-1886). Originaire du Languedoc, il a publié Ij. Hymnes à la Vi^ (187)) et les Poînws rustiques (1880), chez Sai^doz et Fisclibacher.

HENRI CHANTAVOINE (1850). Né à Montpellier.

professeur de rhétorique à Henri IV, et r ' ' ' ' '

il a publié des recueils de vers très goûtés vi

siudres (1877), Satires contemporaines (iSHo), Ad Menioriam {1664),

et Au Fil des jours (1890).

ANDRÉ DE CHÉ\IER(i762-i794). Bien que sa naissance et ses œuvres le rattachent au x v 1 1 1 «-• siècle, l'influence de ses exemples date de 18 19, époque à laquelle parurent ses poésies jusqu alors à peu près inédites. Fils d'un consul général de France en Turquie, et d'une Grecque, né à CLtinstanlinople, arrêté conmie suspect en 1793, il mourut, sur l'échal'aud, l'annéx* suivante. Familier avec l'idiome d'Homère, il eut le vif sentiment de l'art antique; mais l'âme d'un moderne se laisse voir sous ses imitations. Dans ses Odes, ses ïambes et ses ÈU'i^ies, il assouplit, attendrit et colora notre langue poétique.

FRANÇOIS COPPÉE (i8|2). Né à Paris, membre de l'Académie franijaise depuis 1884, auteur de poésies lyriques, dramatiques et intimes, il est le plus parisien, le plus nuxierne de nos maîtres contemporains. S ' viivres entre

lesquelles hésitent le choix et l'ci- .^t celles où,

inaugurant avec charme un genre a peine eùleuré par Sainte- Beuve et Brizeux, il a su peindre les Humbles et les menus détails de la vie quotidienne ou bourgeoise. Sans jamais abaisser Fart, il Va rapproché de la foule; il a trouvé le secret de plaire à la fois aux simples et aux raffinés. Dans sa popularité, il entre de la sympathie pour la personne et de l'estime pour son caractè*re.

CHARLF:S CORAN (iSiO. Il se distingue par l'ais^mce du rythme et un badinage spirituel, notamnu ->• .î ms J. kv volumes intitulés : Onyx et dernières lÙigances.

ALPHONSE DAUDE.T (1840). Né à Nmies, i auteur de tant d'ceuvres populaires parmi les lettrés, a débuté par des fantaisies poétiques, dont la grâce et l'esprit fais.iient pressentir un des maîtres du conte et du roman. Ses pièces sur les enfants sont charmantes de bonhomie, de malice et de naïveté. Il y préludait à S.I fine prose en des vers dignes parfois de La Fontaine et de .Musset.

CASIMIR DELAVIGNE (1793-1843). Né au Havre, il dut sa première célébrité à ses Messéniennes , dont les accents patriotiques répondirent aux appels de l'opinion émue par les récents désastres de la France. Poète dramatique, partagé entre la tradition de Racine et les exemples du romantisme, il prouva la souplesse de son talent par des comédies et des drames, dont voici la liste : Vêpres siciliennes (18 19), les Comédiens (18 19), le Paria (1821), V École des Vieillards (1824), Marim Faliero (1829), Louis XI (1832), les Enfants d'Edouard (1833), Don Juan d'Autriche (1835), la Popularité (1838). C'est une de nos plus pures renommées.

ALBERT DELPIT (1849). Né à la Nouvelle-Orléans, garde mobile en 1870, il a mérité les suffrages de l'Académie par des chants intitulés l'Invasion et les Dieux qu'on brise.

CAMILLE DELTHIL (1834). Né à Moissac (Tarn-et- Garonne), il débuta par les Poèmes parisiens (1873), et publia depuis les Rustiques (1875), les Lamhrusques (1884), les Martyrs de l'Idéal (1882). Il a chanté avec fraîcheur sa province natale, le Quercy.

PAUL DÉROULÈDE (1846). Né à Paris, neveu de M. Emile Augier, l'auteur des Chants du soldat (1872-75), des Marches et Sonneries (1881), fut engagé volontaire en 1870. Il emprunte les sujets de ses chants aux souvenirs et aux espérances d'un patriotisme militant.. Vivantes et passionnées, ses œuvres sont nées en plein orage : on y sent tressaillir toutes les ardeurs, toutes les fiertés, toutes les tristesses de la France vaincue, mais prête à mériter sa revanche.

DÉSAUGIERS (1772-1827). Né à Fréjus, il se fit un nom dans le vaudeville et la chanson. Malin sans méchanceté, il eut du naturel et de la bonne humeur.

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