‹ Anthologie classique des poètes du 19e siècleChapitre 86 sur 444 · LE PETIT FRÈRE · texte numérisé non relu

LE PETIT FRÈRE

De ma sainte patrie J'accours vous rassurer'; Sur ma tombe fleurie, Mes sœurs, pourquoi pleurer:

1. C'est-à-dire accoutume déjà à l'aimer tendrement, avec sollicitude.

2. Le poète suppose que le petit frère vient d'outre-tombe rassurer ses sœurs qui pleurent s.i mort.

POESUS L»i^M Ls i iv^L to 6]

Dans son affreux mystère, La mort a des douceurs:

Je vous vois sur la terre ; Ne pleurez pas, mes soeurs.

Ma souffrance est passée, Et mes pleurs sont taris; % Ma main n'est plus glacée.

Je joue, et je souris; Mon regard est le même, Ht j'ai la même voix; Mon cœur d'ange vous aime.

Mes sœurs, comme autrefois.

J'ai la même figure Qiii charmait tant vos veux; La même chevelure Orne mon front joyeux ; Mais CCS boucles coupées Au jour de mon trépas, De vos larmes trempées.

Ne repousseront pas' î

Là-haut dans des corbeilles Les fleurs croissent sans art ; Les méchantes abeilles Là-haut n'ont point de dard; Les roses qu'on effeuille Peuvent encor fleurir, tt les fruits que l'on cueille Ne font jamais mourir.

Le soir, quafid la nuit tombe.

Parmi vous je descends; Vous pleurez sur ma tombe :

Vos larmes, je les sens.

. Ces boucles laissent un viJc, c*cst-"i-ilirc un souvenir Ji:i r.ini»t*"t ibscnis.

Caché parmi les pierres De ce funèbre lieu, J'écoute vos prières, Et je les porte à Dieu.

M""^ Emile DE Girakdix

Page 1