LE CLAN ACADEMIQUE
Si Courbet devait charmer les connaisseurs et séduire les jeunes artistes sincèrement épris de leur art, il ne pouvait entraîner la masse des peintres élèves ou tributaires de l'école académique, dirigée par de peu compréhensifs disciples et imitateurs de David et d'Ingres. Toutefois, il se rencontrait parmi les traditionnistes des tempéraments bien doués, comme Hébert, le peintre de la Malaria et de portraits de femmes d'une rare distinction; comme Élie Delauney, capable de belles compositions et d'admirables portraits; comme Gustave Moreau, artiste raffiné qui devait parer ses compositions des gemmes glanées dans les arts orientaux, hindous et persans. Baudry, hanté par le Corrège, faisait parfois, malgré lui, œuvre de moderniste. Henner, enfin, par ses compositions, appartient encore à l'académisme, duquel il s'éloigne en tant que coloriste.
Mais ce sont là les fortes têtes d'un parti qui a élevé la fadeur à la hauteur d'un principe. Fades : Cabanel, Gérome, G. Boulanger qui, dans leur jeunesse, en compagnie du délicat Hamon, avaient conçu un art néo-antique, l'art qu'on appela « pompéien » et qui, né de la Stratonice d'Ingres, s'affirme dans YAlbaydé de Cabanel, le Combat de coqs de Gérome et certaines scènes dont la maison pompéienne construite avenue Montaigne pour le prince Jérôme était le cadre. Plus fades encore furent Ch. Muller, Schnetz, Signol et nombre d'autres.
xv LA PEINTURE DECORATIVE