‹ Anthologie de l'occultismeChapitre 133 sur 229 · REMÈDES ÉPROUVÉS CONTRE LES DÉMONS · texte numérisé non relu

REMÈDES ÉPROUVÉS CONTRE LES DÉMONS

Le fiel de chien mâle et noir étant aspergé sur la maison, combat le démon et l’empêche de jeter le maléfice sur la maison. — Les murs de la maison étant aspergés de sang de chien, la maison se trouve purgée de tout maléfice. — Que le fiel d’un poisson quelconque, principalement des petits poissons plats, soit porté par l’époux et l’épouse sur eux-mêmes pendant qu’ils dorment, puis qu’il soit placé sur des charbons ardents et qu’ils en respirent la fumée, et tous les maléfices susdits s’évanouiront. — Si l’on place du vif argent dans un tube ou une canne et que l’on en ferme l’extrémité avec de la cire, l’époux et l’épouse seront exempts de tout maléfice. — Si de l’armoise est placée sur le seuil de la porte ou au-dessous, il est impossible qu’aucun maléfice puisse nuire à la maison. — De même si la pierre appelée aimant est portée par l’homme et la femme, toute discorde entre eux est aussitôt apaisée. — Si l’on porte sur soi de la racine de bryone, l’on se trouve à l’abri de tout maléfice. — Si l’homme porte sur lui un cœur de corneille et la femme un fémur du même oiseau, ils s’uniront toujours parfaitement bien. — Si quelqu’un porte sur ses vêtements la racine dite de démoniaque, il obligera les démons des possédés de confesser qui ils sont, d où ils viennent, et il les mettra en fuite.

RAYMOND LULLE

RAYMOND LULLE

Le personnage le plus extraordinaire du Moyen-Age fut, sans contredit, Raymond Lulle, surnommé le Docteur Illuminé, qui, par ses voyages, ses aventures, V étendue de ses connaissances, et encore plus par la singularité de la méthode qu’il proposa pour l’étude des sciences, sut acquérir une renommée universelle. Ce théologien, qui fut une sorte de moine libre, tantôt errant, tantôt vivant en ermite, enseigna à Paris et à Montpellier, alla plusieurs fois en Terre-Sainte, en Egypte et en Barbarie; il apprit la langue arabe et entreprit d’amener les Musulmans à la foi chrétienne. Ses nombreux ouvrages, réunis en dix volumes in-folio, sont tous inspirés d’une méthode qu’il appela Ars Magna, et qui tient à la fois de l’algèbre, de la mnémotechnie et de la logique aristotélicienne. Il remplaça les dix catégories d’Aristote par d’autres catégories d’un ordre plus élevé ; et il entreprit la tâche démesurée de classifier toutes les connaissances humaines et de les placer chacune dans une sorte de casier désigné par une lettre. Il se flattait de pouvoir raisonner ainsi sur des choses inconnues, de la même manière que les algébristes donnent le résultat généralisé d’un problème sans en connaître les données numériques. L’aspect fantastique des pages de /’Ars Magna, foutes constellées de signes mystérieux, fit donner à la philosophie de Raymond Lulle le nom de Kabbale, bien qu’il ne se soit jamais occupé de cette science ; on a même publié de lui un petit traité intitulé de Auditu Kabbaîistico, dont le titre a trompé bien des chercheurs de mystère, et qui,

en réalité , ne traite que de la classification des notions humaines , suivant la méthode des catégories. L'art lulliste passa, pendant plusieurs siècles, pour diabolique , d'autant mieux que Raymond Lulle ne manqua pas , par ailleurs, de s'adonner à l'étude de l'alchimie et de l'astrologie. Les procédés compliqués de sa métaphysique étant totalement inconnus aujourd'hui, bien que le souvenir de sa personnalité soit demeuré prestigieux, nous croyons intéressant de présenter ici, pour la première fois en français , les pages qu'il a consacrées au Chaos, qu'il considère comme une sorte de composé parfait , l’agent essentiel, selon lui, de la génération des êtres.

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