‹ Anthologie de l'occultismeChapitre 137 sur 229 · DE L’UNIVERSELLE TRANSMUTATION PAR LA FORME ET LA MATIÈRE DU CHAOS · texte numérisé non relu

DE L’UNIVERSELLE TRANSMUTATION PAR LA FORME ET LA MATIÈRE DU CHAOS

Dans la génération de l’homme, le premier degré influence, par r intermédiaire -du Chaos, son essence dans le troisième, sans cependant engendrer, comme le père infl ne son essence, qui est la même que cette forme et matière par laquelle l’homme est formé, mais celle par laquelle le premier degré du chaos influe, par lui-même, une forme et une matière, de la même manière que le père, et par laquelle tout le corps de l’homme est engendré ; et ainsi il est manifeste que le père n’engendre pas l’engendré au moyen de cette essence par laquelle luimême, le père, est homme, mais bien par cette autre essence qui, influée du premier degré du Chaos, est convertie en essence du corps humain, se revêtant de la similitude et de sa forme ; de telle sorte que le père, en engendrant, donne par le moyen du premier degré sa similitude et sa forme à son fils, non cependant ce nombre identique par lequel lui-même, le père, est homme, c’est-à-dire sa forme individuelle et spécifique et sa matière ; autrement il n’aurait aucune essence spécifique propre, la résurrection n'existerait pas, et le premier degré du Chaos n influerait pas dans le troisième les essences individuelles et ne conserverait pas ces formes et matières individuelles que ceux qui ressuscitent doivent reprendre au dernier jour.

Dans la greffe a lieu une transmutation par influence, d’une forme clans une autre forme, et ainsi d’une matière dans une autre matière, non seulement entre la forme et la matière de l’espèce, mais là où sont conjuguées deux espèces, comme dans la greffe de la pomme sur le pêcher, dans laquelle, bien que leurs espèces soient diverses, il

RAYMOND LULLK

existe un être spécifique de celles-ci, et où un nombre spécifique, en un seul corps unique, est cependant mélangé et composé par le Chaos, en un fruit de l’essence et de l’espèce de chacune des deux parties, ce qui est rendu évident par la couleur, la saveur et la position des fruits de l’arbre ainsi greffé.

Il en est de même pour la génération du mulet, car en lui sont mêlées les influences et la similitude du cheval et de l’âne, dont les existences, selon l’espèce, sont distinctes.

L’image et les lettres gravées par un sceau dans la cire, ne donnent pas à celle-ci leur existence selon le nombre, mais seulement leur similitude en figure, de même que la forme et la matière du générateur ne donnent pas à l’engendré leur être numériquement, mais seulement leur similitude substantielle par ce passage de l’influence au milieu d’elles-mêmes, en ce que le premier degré du Chaos influe de lui-même dans le troisième, par l’intermédiaire, c’est-à-dire par le masculin et le féminin dans les animaux, et par la graine dans les plantes.

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