NICOLAS FLAMEL
c’est le volatil ou bien la femelle noire et obscure qui va prendre la domination par plusieurs mois. Le premier est appelé Soufre ou bien Galidité et Siccité, et le dernier Argent vif ou Frigidité. Ce sont le Soleil et la Lune de source mercurielle et origine sulfureuse qui, par le feu continuel, s’ornent d’habillements soyeux, pour vaincre étant unis, et puis changés en quintessence, toute chose métallique, solide, dure et forte. Ce sont ces serpents et dragons que les anciens Egyptiens ont peint en un rond, la tête mordant la queue, pour dire qu’ils étaient sortis d’une même chose, et qu’elle seule se suffisait, et qu'en son contour et circulation elle se parfaisait.
( Chapitre III.)
SUR UN CHAMP VERT, TROIS RESSUSCITANTS, DEUX HOMMES ET UNE FEMME ENTIÈREMENT BLANCS, DEUX ANGES AU-DES¬ SUS, ET, SUR LES ANGES, LA FIGURE DU SAUVEUR VENANT JUGER LE MONDE, VETU D’UNE ROBE PARFAITEMENT CITRINE BLANCHE.
Je t’ai fait peindre ainsi un champ vert, parce qu’en cette décoction les confections se font vertes et gardent plus longuement cette couleur que toute autre après la noire. Cette verdeur démontre particulièrement que notre pierre a une âme végétante, et qu’elle s’est convertie par l’industrie de l’art en vrai et pur germe, pour germer abondamment et produire ensuite des rinceaux infinis. O bienheureuse verdeur, dit le Rosaire, qui produis toutes choses ! sans toi rien ne peut croître, végéter, ni multiplier!
Les trois ressuscitants vêtus de blanc étincelant représentent le corps, Fame et l’esprit de notre pierre blanche. Les Philosophes trivialement usent de ces termes de l’art
pour cacher le secret aux malins. Ils appellent corps la terre noire, obscure et ténébreuse que nous blanchissons. Ils appellent âme l’autre moitié divisée du corps, qui, par la volonté de Dieu et puissance de la nature, donne au corps, par ses imbibitions et fermentations, âme végétative, c’est-à-dire puissance et vertu de pulluler, croître, multiplier et se rendre blanc comme un glaive nu et reluisant... ( Chapitre VI.)
BASILE VALENTIN
(Vers i4i5)
Ce personnage célèbre , Vun des fondateurs de la chimie moderne , est parmi ceux qui se sont le plus entourés de mystère , et il est probable que V énigme de sa vie ne sera jamais pleinement déchiffrée. On croit généralement que c était un moine bénédictin d’ Erfurt ; on Va fait vivre tantôt au xne siècle , tantôt à la fin du xive siècle ou au commencement du xve, et même au commencement du xvie puisque quelques-uns ont prétendu qu’il avait été le maître de Paracelse. Son nom lui-même , signifiant en grec Roi Puissant , a toutes les apparences d’un pseudonyme mystique. Il a laissé un grand nombre d’œuvres écrites en allemand , parmi lesquelles une des plus célèbres est intitulée Zwolff Schlüssel ou les Douze Clefs ; on remarquera , dans l’extrait que nous en donnons , que cet auteur, au lieu de parler un langage relativement clair, comme Geber ou Artephius, ne s’exprime que par des allégories, sans jamais nommer une substance par
BASILE VALENTIN
son nom véritable, ce qui en rend la compréhension extrêmement difficile. En outre , nous avons reproduit un chapitre d'un ouvrage de premier ordre intitulé Traité des choses naturelles et surnaturelles, dont nous ne connaissons pas V original, mais dont il existe une traduction du xviT siècle à la Bibliothèque de V Arsenal, à Paris. Ce chapitre contient en germe, comme on pourra s'en convaincre, toutes les théories du spagyrisme et de l'homœopathie.