L’ŒUVRE SECRET DE LA PHILOSOPHIE HERMÉTIQUE
La science de faire la pierre philosophale est une connaissance parfaite des opérations de la nature et de Fart métallique, dont la pratique consiste à chercher les principes des métaux par résolution ; et ces principes étant rendus beaucoup plus parfaits qu'ils n’étaient auparavant, à les rassembler de nouveau afin d’en faire une médecine universelle, d’une efficacité souveraine pour perfectionner les métaux imparfaits et pour rendre la santé au corps atteint de quelque maladie que ce soit.
Les alchimistes qui n’appliquent leurs esprits qu’à des sublimations continuelles, qu’aux distillations, aux résolutions, aux congélations, aux extractions d’esprits, à la préparation des teintures et autres opérations plus subtiles qu’utiles, s’engagent ainsi dans diverses erreurs, sans qu’ils réfléchissent que la nature suit une voie simple. (§ 6.)
Parmi les auteurs les plus célèbres qui ont écrit le plus subtilement et qui ont connu véritablement les secrets de la Nature et de la Philosophie cachée, Hermès, Morien entre les anciens, me paraissent tenir le premier rang. Parmi les modernes, Bernard le Trévisan et Raymond Lulle pour lequel j’ai de la vénération ; car ce que ce docteur a omis, personne autre ne l’a dit. Que l’on relise donc souvent son Testament et son Codicille, comme étant du plus haut prix ; qu’à ces deux livres on ajoute les deux Pratiques du même auteur, desquels ouvrages on peut tirer tout ce que Fon désire, particulièrement la vérité de la matière, le degré du feu et tout cc qui est nécessaire à l’accomplissement de l’OEuvre.
JEAN d’eSPAGNET
Celui qui cherche l’art de perfectionner et de multiplier les métaux imparfaits hors des métaux eux-mêmes, chemine dans l’erreur, car il faut chercher dans la nature des métaux l’espèce métallique. (g
Les corps parfaits sont doués d’une semence plus parfaite ; ainsi, sous la dure écorce des métaux plus parfaits est cachée aussi une semence plus parfaite ; si quelqu’un sait l’en tirer, il peut se vanter d’être dans le bon chemin, car dans l’or est la semence de l’or, bien qu’elle soit cachée dans la racine et dans le profond de la substance, plus fortement que dans les autres métaux.
Celui qui cherche la teinture philosophique hors du Soleil et de la Lune, perd son temps et sa peine, car le Soleil fournit une teinture rouge, et la Lune une teinture très blanche. rr< \
Le mercure, dans les métaux parfaits, est celui qui seul est propre à recevoir la teinture du soleil et de la lune. Néanmoins, il doit être préalablement fécondé et pénétré de leur soufre invisible. n? ï
L’Elixir s’appelle Mercure des Philosophes. Celui qui prendra la Lune des Philosophes ou le Mercure des Philosophes pour le mercure vulgaire se trompe ou cherche à tromper autrui. g ^
MAXWELL
(xviie siècle)
Nous ne possédons aucun détail sur ce savant écossais, qui paraît avoir vécu vers la fin du xvne siècle. Aucune biographie anglaise n’en fait mention ; et pourtant ses ouvrages , devenus fort rares , contiennent la substance de toute la théorie que Mesmer a revendiquée comme sienne ; et l’on peut dire hardiment que celui-ci n'a eu qu’à puiser dans Maxwell et à mettre en pratique tous ses enseignements. Le principal ouvrage de Guillaume Maxwell , paru à Francfort en 1619 , a pour titre : De* medicina magnetica. Le traitement des maladies par la puissance magnétique avait déjà été indiqué par Van Helmont, Goclenius, Burggraeve et Nicolas de Locques, mais il appartint à Maxwell d’en faire une théorie complète. Ainsi qu’on pourra en juger par les extraits suivants, l’ouvrage de Maxwell , De la médecine magnétique, est une œuvre remarquable par la précision, la concision et la netteté des idées ; on y trouve déjà toutes les qualités de logique, d’ordre, de méthode, d’esprit critique que la science moderne a établies comme base de ses recherches, et, à. ce titre, Maxwell mérite une place très avancée parmi les plus illustres biologistes.