LE SOMMEIL ET LES SONGES
Alors Gargya, le petit-fils du sage Gurya demanda au rishi Pippalada : O sage vénérable, quelles sont les choses qui sommeillent en cet homme, et quelles sont celles qui veillent en lui ? Quel est le devâ qui voit les songes? Qui possède le bonheur? Sur quel acte tout ceci repose-t-il?
Le rishi lui répondit : O Gargya, de même que tous les rayons du soleil couchant se réunissent dans ce disque de lumière, et de même, lorsque le soleil se lève de nouveau, qu’ils se dispersent de nouveau, de même tous ceux-ci (les sens) sont recueillis dans le devâ le plus élevé : l’esprit pendant le sommeil. Cependant à ce moment, cet homme n’entend pas, ne voit, ne sent, ne goûte, ne touche pas; il ne parle pas, il ne se meut pas. Il dort, selon ce que dit le vulgaire.
Les feux du pranas (air vital) sont éveillés dans la ville (le corps) tant qu’il en est ainsi : L’air qui monte est le feu Gârhapaya; l’air de la respiration est le feu Anvâharyapakana, et parce qu’il est près du feu Gârhapaya, qui est celui qui est chassé dehors, par conséquent le Prana ou air vital est le feu Ahavoniya.
Parce qu’il apporte également deux oblations : l'expiration et l’inspiration, le samana est le prêtre. L’esprit est le sacrificateur; l’air qui monte est la récompense du sacrifice, et il conduit chaque jour le sacrificateur vers Brahma.
Alors ce dieu (l’esprit) possède dans le sommeil la puissance. Il voit de nouveau ce qui a été vu; il entend de nouveau ce qui a été entendu; il possède de nouveau ce qui a été possédé en d’autres pays; ce qui a été vu et n’a pas été vu, ce qui a été entendu et pas entendu, ce qui a été possédé et pas possédé, il voit tout, lui étant tout, voit tout.
Lui, ô Ami, qui connaît cet être indestructible dans lequel la connaissance véritable, les esprits vitaux, ensemble avec tous les devâs et les éléments se reposent, lui étant celui qui connaît tout, a pénétré toutes choses.
(Quatrième Prasna. § i, 2, 3, 4, 5, 11.)
LE PRASNA UPANISHAD