‹ Anthologie de l'occultismeChapitre 72 sur 229 · LA DESCENTE DANS L’ANTRE SACRE DE TROPHONIUS · texte numérisé non relu

LA DESCENTE DANS L’ANTRE SACRE DE TROPHONIUS

Celui qui voulait descendre dans l’antre sacré de Trophonius pour se plonger dans les effluves vivifiants de la divinité, après diverses onctions et ablutions dans le fleuve Hercynan, était conduit la nuit par les sacrifica-

leurs aux sources d’eau vive qui sont au nombre de deux, proches l’une de l’autre. Là, il buvait de la première qui est nommée Léthé, et qui lui procurait l’oubli de toutes choses, puis il buvait ensuite de la seconde appelée Mnémosynes, qui lui assurait la mémoire de tout ce qu’il allait voir désormais. 11 contemplait ensuite l’agalma ou statue, faite autrefois par Dædalos, et que les hiérophantes ne montrent jamais entièrement, si ce n’est à ceux qui doivent descendre dans l’antre. Le simulacre ayant été longuement contemplé, et des vœux formés avec beaucoup de dévotion et de recueillement, il se dirigeait solennellement vers l’oracle, revêtu d’une tunique de lin pur, ceint de bandelettes, et ayant aux pieds les sandales ordinaires du peuple.

L’antre oraculaire est situé sur la montagne, au dessus du bois sacré ; sa base est entourée circulairement de pierres blanches. Le périmètre de sa base est analogue à celui d’un petit champ ; sa hauteur moindre que deux coudées. Sur les rochers sont érigés des obélisques entièrement d’airain, comme les zones qui les entourent ; ils sont séparés par des portes. Au dessous de l’entrée, se trouve une grotte non point naturelle, mais très habilement construite d’après les règles d’une technie et d'une harmonie consommée.

La forme de la cellule souterraine est semblable à celle d’un four dont la dimension mesurée en ligne droite, depuis la base jusqu’au sommet, ne dépasse pas quatre coudées. On n’y a pas construit de degrés ; mais ceux qui doivent descendre à l’antre de Trophonius y appliquent des échelles étroites. Lorsqu’on y était parvenu, on trouvait à mi-distance du sol et de la voûte de l'antre me petite caverne de deux palmes ou spithames de long et d’une palme de haut. Celui qui y pénétrait présentait

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