‹ Anthologie de l'occultismeChapitre 73 sur 229 · PAUSANIAS · texte numérisé non relu

PAUSANIAS

en offrande un gâteau pétri de miel, puis, se couchant par terre, il introduisait ses pieds et ses genoux dans cette petite caverne et aussitôt son corps s’y trouvait attiré comme si un torrent rapide et impétueux l'eût entraîné, Alors ceux qui étaient descendus dans l’adyton avaient la connaissance des choses futures et percevaient les mystères sacrés, mais non de la même manière ; les uns par la vue, les autres par l’audition. Le retour s’effectuait pour tous par le même chemin. On dit qu’aucun de ceux qui y sont descendus n’a péri, hormis un seul, qui était des lanciers de Démétrios ; mais on ajoute qu’il n’avait fait aucun des sacrifices hiératiques qu’il est ordonné d’accomplir pieusement avant d’entrer dans ce temple, et qu’il n’était pas descendu dans le but d’interroger l’oracle, mais dans le seul espoir d’y trouver des trésors. On dit que son cadavre avait été rejeté par une autre issue, et non par la baie sacrée de l’entrée.

( Periégèse . Béotie. Chapitre xxxix)

JULIEN L’APOSTAT

Les œuvres de V Empereur Julien sont fort peu connues. Singulière figure que celle de cet homme qui avait une âme de philosophe et que la destinée porta , presque malgré lui, au sommet du pouvoir! Dans sa jeunesse austère, nourrie de la lecture de Marc-Aurèle et des grands classiques grecs, il avait subi le joug de la religion chrétienne, et le peuple l’avait vu bien souvent, revêtu de la dalmatique , lire les textes sacrés du haut de Vambon des basiliques. Plus tard, s’étant lié avec Liba-

nios, Eusèbe de Carie , Chrysanthios de Sardes et Maxime d’Ephèse , il s'était fait initier aux mystères de Diane. Compagnon d’étude, à Athènes, de Saint Basile et de Saint Grégoire de Nazianze, il s’était présenté également aux mystères d’Eleusis, et, ayant compris le formidable dynamisme intellectuel de la mythologie grecque , il tenta de restaurer le culte des Dieux. Il écrivit en grec avec une pureté et une élégance digne de l’époque classique, et que l’on chercherait en vain chez ses contemporains. Parmi ses œuvres, deux dissertations demeurent d’un puissant intérêt : le Discours sur Hélios Roi, et le Discours sur la Mère des Dieux qui contiennent l’essence même de ce que l’on enseignait dans les initiations ; et c’est à ce titre que nous avons cru devoir placer ici des extraits de chacun de ces ouvrages.

SUR HELIOS, ROI

Le lieu qui environne la terre doit son existence au principe générateur. Or, de qui reçoit-elle le don de l’immortalité, si ce n’est de celui qui embrasse l’ensemble dans des mesures déterminées ? Car la nature d’un corps ne peut être infinie, puisqu’elle n’est ni sans génèse, ni capable de subsister par elle-même. Si donc elle tirait de sa substance quelque chose qui ne fût jamais remplacé, elle serait bientôt épuisée, comme celle de tous les êtres engendrés. Mais le dieu, en s’approchant directement de cette nature avec mesure, la redresse et la recrée, tandis que, se mouvant en sens rétrograde, il l’affaiblit et la corrompt. Et de même que son approche l’anime et la vivifie, son éloignement ou non éloignement entraîne la corruption de ce qui est corruptible. Cependant la répartition incessante de ses bienfaits est égale pour toute la terre.

JULIEN L’APOSTAT

Car chaque pays en reçoit une portion, de manière que le principe générateur ne fasse jamais défaut, et que l’action constante du dieu maintienne l’équilibre nécessaire à la conservation de ce monde passible. Car l’identité de la substance entraîne nécessairement l’identité de l’énergie déployée par les dieux et à plus forte raison par le Soleil, Ilélios, qui est le roi de tous les autres, parce que son mouvement, par son extrême simplicité, est incomparablement supérieur à celui des autres astres qui se meuvent dans le sens opposé de l’ensemble. Et ceci même paraît à l’illustre Aristote un indice de la prééminence de cet astre sur les autres. Il est vrai que les autres dieux intelligents se manifestent en ce monde par leurs influences ardentes. Mais est-ce vraiment exclure les autres dieux, que de lui accorder l’hégémonie sur ses semblables ? Nous ne faisons que juger des choses cachées par les phénomènes apparents. Or, comme nous voyons le Soleil recueillir de tous les autres astres les forces qui en découlent sur la terre, les perfectionner et s’en approprier une portion qu’il reverse sur la totalité des choses, il est naturel de croire que, dans ces communications secrètes et réciproques, le Soleil exerce une influence avec laquelle les autres se combinent pour en former un tout.

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