‹ Anthologie de l'occultismeChapitre 74 sur 229 · SUR LA MÈRE DES DIEUX · texte numérisé non relu

SUR LA MÈRE DES DIEUX

Qu’est-ce donc que la Mère des Dieux ? La source génératrice des dieux intelligents et démiurges qui gouvernent ceux qui sont visibles ; la déesse qui enfante et qui s’unit avec le grand Zeus ; la grande hypostase existant même après et avec le grand démiurge ; la maîtresse de toute vie, la cause de toute génération ; celle qui perfectionne promptement tout ce qu’elle fait, génitrice et

démiurge des êtres, avec le père de tous ; cette vierge sans mère, qui s’assied à côté de Zeus, et mère des Dieux, substance de tous les êtres. Car, étant l’origine de tous les dieux hypercosmiques, elle devient la source des dieux intelligents. Cette essence divine, cette Pronoée, fut prise d’un chaste amour pour Attis, c’est-à-dire qu’elle s’attacha volontairement et de son plein gré, non pas aux formes matérielles, mais plutôt aux causes de ces formes. Ce mythe signifie donc que la Providence, qui gouverne les êtres sujets à la génération et à la corruption, s’est prise à aimer la cause énergique et génératrice de ces êtres ; qu’elle lui a ordonné d’engendrer principalement dans l’ordre intellectuel, de se tourner volontairement vers elle et de s’unir avec elle, à l’exclusion de tout autre, tant pour conserver une salutaire unité que pour éviter la propension vers la matière. Elle a exigé qu’il la regardât comme la substance source des dieux démiurges, mais sans se laisser entraîner ou fléchir vers la génération ; d’où le grand Attis devait être le procréateur et le démiurge par excellence ; car en toutes choses, la direction vers la supériorité vaut mieux que la propension vers l’infériorité. C’est ainsi que le cinquième corps est plus énergique et plus divin que les corps d’ici-bas, parce qu’il tend davantage vers les dieux. (§ 4)

Jusqu’au cinquième corps, il n’y a pas seulement un principe intellectuel, mais tous les corps apparents, qui font partie de la classe impassible et divine, jusqu’aux dieux que l’on regarde comme purs de tout mélange. Mais comme les corps d’ici-bas ne subsistent que par la substance féconde des dieux, et que la matière est produite avec eux de toute éternité, d’eux et par eux, grâce au superflu du principe procréateur et organisateur, naît la providence déniiurgique qui veille sur les êtres,

JULIEN L’APOSTAT

coexiste éternellement avec les dieux, est assise sur le trône du roi Zeus, et est la source des dieux intelligents. Quant à ce qui paraît sans vie, infécond, abject, le rebut, la lie, et, pour ainsi dire, le résidu des êtres, c’est également cette Providence qui, par la dernière des divinités, celle en qui finissent les substances de tous les dieux, l’ordonne, le dirige et le conduit à un état meilleur.

NONNOS DE PANOPOLIS

(Vers 4io)

Voici un poète, obscur et prolixe, mais d’une langue correcte, bien qu’il appartienne à une époque décadente, dont l’œuvre est extrêmement précieuse pour l’étude des mythes grecs. Sous le nom de Dionysiaca, il a écrit un immense poème où sont contées par le menu les aventures de Dionysos ou Bacchos, dans les Indes . L’interprétation ésotérique de ces aventures faisait le fonds de l’initiation aux mystères dionysiaques tels qu’ils étaient célébrés en Grèce , et particulièrement à Nysa. Nonnos fut initié à ces mystères qui commençaient à décliner , et, comme Julien , il entreprit de sauver les débris de cette mythologie à laquelle la Grèce devait sa splendeur , et qui s’ effondrait sous les attaques, souvent peu judicieuses , des Pères de l’Eglise. On s’est étonné que Nonnos ait écrit ensuite une Paraphrase de l’Evangile de Saint Jean ; cependant il n’était pas rare de voir des philosophes , tels que Synesius ou Clément d’Alexandrie, s’accommoder aisément des dogmes chrétiens et des mystères grecs; et le fait d’avoir choisi comme héros de ses deux poèmes , le Christ et le Dionysos mythiques, indique suffisamment

que Nonnos connaissait la corrélation ésotérique qui existe entre ces deux personnages. Les lignes suivantes, extraites des Dionysiaques, indiquent l'existence d'une kabbale grecque, attribuée à Kadmos , et non sans analogie avec la kabbale hébraïque.

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