LES DIONYSIAQUES
Kadmos offrit à LHellade ces dons sonores et phonétiques des organes de la langue, qu’il fit accorder symphoniquement suivant l’harmonie, en écrivant les signes des voyelles et des consonnes en ordre à leur rang ; il forma aussi les signes silencieux de la voix, ayant appris de son père les secrets de l’art sublime, et emporté d’Egypte les sciences, lorsqu’Agenor, s’éloignant de Memphis, fonda Thèbes aux cent portes ; et son fils, nourri du lait divin des livres, avait creusé d’une main rétrograde, les caractères obliques et les lettres cycliques. Et il enseigna également les cérémonies du Dionysos égyptien ; Osiris et la science mystérieuse des télètes, et il fit entendre le premier l’hymne magique, d’une voix thyadique, et avec un ululement sourd. Dans sa jeunesse, il enseigna i’art de tailler les statues de pierre et de sculpter les images pour orner les temples. 11 mesura le cours fulgurant des étoiles sans nombre, par une étude savante, puis le cours du soleil et les dimensions de la terre ; il calcula en entrelaçant les doigts de ses mains, le cycle et les phases irrégulières de Selené, la triple altération de sa forme, et ses approches du soleil générateur, de ce feu qu’il crée luimême, et qu’elle lui dérobe pour renaître sans cesse.
(Chant IV)