TALMUD DE JERUSALEM
TRAITÉ BERAKHOTH
On a enseigné : l’arbre de la vie avait une longueur telle qu’il eût fallu cinq cents ans pour le parcourir ; Rabbi Juda, au nom de Rabbi Ha’î, dit : « Ce n’est pas en y ajoutant l’étendue de la branche, mais le tronc seul était aussi long, et tous les cours d’eau de la création partaient de ses pieds. » Ce verset des psaumes (i, 3) y fait allusion : Il est comme un arbre planté sur les bords de Veau. On a encore enseigné : L’arbre de la vie représente la soixantième partie du jardin, et celui-ci, la soixantième partie de l’Eden ; aussi est-il dit (Genèse, n, io) : Un fleuve sortait de VEden pour arroser le Jardin (celui-ci n’est donc qu’une partie de l’Eden).
( Chapitre 1er.)
LE TALMUD
TRAITÉ MEGHILLA
Rabbi Gamaliel a dit : la loi a été promulguée dans une écriture complexe. C’est aussi l’avis de Rabbi Yossé; selon Rabbi Gamaliel, elle a été remise en écriture assyrienne ; lorsque Israël pécha, l’écriture fut convertie en caractères complexes, et lorsqu’il redevint vertueux, sous Ezra, les caractères reprirent leur antique forme assyrienne. 11 est dit (Zakharie, IX, 12) : en ce jour aussi je te rendrai un double message , et d’autre part (Deut. XVII, 18); il lui écrira un double de cette Loi sur un livre ; c’est une allusion à une écriture susceptible de modification (comme celle de l’hébreu primitif ou phénicien). On a enseigné que Rabbi Simon ben Eleazar dit au nom de Rabbi Eleazar ben Prata, et celui-ci au nom de Rabbi Eliézer ben Modaï : la Loi a dû être écrite en caractères carrés, puisqu’il est dit (Exode XXVII, 10) : les crochets (Zaïn, Iod) des colonnes ; il faut que la lettre Zaïn, la Loi, soit droite comme une colonne (fait spécial au caractère carré). Rabbi Lévi dit : d’après Rabbi Gamaliel qui dit que la loi a été promulguée en samaritain, la lettre Ain était un miracle ; si au contraire la Loi primitive a été écrite en caractères carrés, il y a eu un miracle analogue pour la lettre S. Rabbi Jérémie dit au nom de Rabbi Hiya ben Aba et Rabbi Simon que selon tous deux, le texte primitif de la loi n’avait ni la lettre Tau, ni le M fermé (ce qui eût été aussi miraculeux sur lesdites tables), mais le S seul fermé.
Certaines lettres de l’alphabet affectent deux formes : la première (courbe) s’emploie au commencement et au milieu des mots ; la seconde (à jambage droit) n’est qu’une lettre finale ; en cas d’erreur sur ce point la copie est impropre à l’office. De cette assertion, Rabbi Mafia
ben Harash a conclu que les finales Ain P N D S sont de tradition mosaïque. Dans l ensemble de ces lettres, dit R. Jérémie au nom de R. Samuel ou R. Isaac, on voit une allusion à une « institution faite par des voyants ». En quoi les voyants sont-ils intervenus? Un jour de forte pluie, les sages (retenus chez eux) ne se rendirent pas à la maison d’études ; les enfants y allèrent, disant : nous allons constituer une réunion, afin qu’il n’v ait aucune interruption, et ils expliquèrent pourquoi il y a deux M, deux N, deux Tsadé, deux P, deux G. Ces signes servirent à la transmission entre la parole divine à Moïse et celle du législateur aux hébreux (sans modification), entre un homme digne de foi et un autre, entre un juste et l’autre, enfin pour passer des mains de la Providence à celles de Moïse. Les sages les remarquèrent, et tous ces enfants devinrent de grands savants ; on dit même que Rabbi Eléazar et Rabbi Josué étaient parmi ces enfants précoces. Rabbi Jérémie, au nom de Rabbi Hiya ben Âba, et Rabbi Simon disent tous deux : dans l’ancien texte de la Bible, ni le Hé ni le M n’étaient fermés ; donc le S l’était déjà. Rabbi Simon et Rabbi Samuel ben Nahman disent tous deux que les gens de Jérusalem écrivent le nom de cette capitale : ierousaîaïmah, sans faire attention, en apposant la même finale (ah ou ha), aux mots Nord et Sud.
Les lettres préfixes (en tête) d’un nom sont profanes, et peuvent, le cas échéant, être effacées, et l’on trouve sur le frontal du pontife le préfixe L (à) détaché ; dans l’expression « saint à Dieu », le préfixe sera écrit en bas, et le nom divin un peu plus haut. Les suffixes, au contraire (à la fin) sont tenus pour sacrés, et ne peuvent pas être effacés comme dans les termes « Dieu notre, votre ». Voies les noms divins qu’il n’est pas permis d’effacer une
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fois qu’ils sont écrit : le tétragramme (I E V E) El, Elohim ou avec suffixes divers, Schaddaï, Sabaoth, Ehyé ascher ehyé (Je suis celui qui suis, Exode, III, i4). Si l’on écrit les deux premières lettres du mot Adonaï (Seigneur), ou les deux premières du mot I E Y E, ou celles de Schaddaï, ou celles de Sabaoth, on peut les effacer (il est loisible d’y voir des mots profanes), et on peut en effacer les préfixes, comme la lettre L (à) en tête du mot « à Dieu » ou « à l’Eternel ». Mais si l’on a écrit les deux premières lettres du tétragramme divin, ou du mot Elohim, il n’est pas permis de les effacer (ces deux groupes ont le sens de Dieu). En règle générale, chaque fois qu’en ce cas le nom peut avoir un sens complet ailleurs, il n’est plus permis de l’effacer. On a enseigné que Rabbi Yossé dit : ceux (les membres) de la famille de Haghira à Jérusalem Étaient des écrivains habiles (de profession), et s’ils avaient écrit le commencement du Sabaoth, ils l’effaçaient puisqu’il y a un sens profane ailleurs, par exemple dans ce verset (Deut. XX, 9) : on établit les chefs de légions en tête du peuple. Tous les noms (divins) écrits dans la Torah au sujet du patriarche Abraham sont sacrés, excepté un seul, dans ces mots (Genèse, XX, i3) : il arriva que lorsque les Dieux m’ont fait errer hors de la maison de mon père. Selon d’autres, ce nom aussi est sacré, en ce sens : sans Dieu, j’aurais erré déjà hors de la maison paternelle. Tous les noms (divins) écrits pour Michée sont profanes, quoique composés des lettres I E (Dieu) : un seul est sacré : aussi longtemps que la maison de Dieu était à Silo (Juges, XVIII, 3i). Tout nom divin écrit au sujet de Naboth et contenant les syllabes AL (Dieu) est sacré, par exemple (I, Rois, XX, i3) : Naboth a blasphémé contre Dieu et le roi.
ANTFIOLOGTE DE L’OCCULTISME