‹ Anthologie de l'occultismeChapitre 96 sur 229 · LE SEPHER YETZ1RAH · texte numérisé non relu

LE SEPHER YETZ1RAH

Le petit livre intitulé Sepher Yetzirah, ou Livre de la Formation forme la base principale de la science kabbalistique. Il a été attribué à Rabbi Akhiba , qui vivait au premier siècle de notre ère ; mais il nous paraît être bien antérieur à la rédaction du Talmud. Sous une forme très obscure , il expose comment l’alphabet hébreu a été. modelé à l’effigie du Cosmos, et vice versa , comment l’Univers a été créé par la parole divine. Les rabbins se sont épuisés en commentaires sur ce texte ; nous donnerons plus loin quelques pages du commentaire, très obscur lui-même, que Guillaume Postel lui a consacré.

LES DIX SEPHIROTH

Avec les trente-deux voies admirables et cachées de la Sapience, IEVE Tsebaoth, Dieu d’Israël, Ælohim des Vies et roi des Siècles, El de miséricorde et de clémence, élevé et sublime, habitant l’Eternité, dont le nom est élevé et saint (est représenté) par trois Siphrim : Sepher,. Sephar et Sipur (nombre, nombrant, nombrés).

( Chapitre I, section I.)

Dix Sephiroth, et le silence du vide et vingt-deux lettres ainsi établies : trois mères, sept doubles et douze

simples. ( Section II.)

Dix Sephiroth, et le silence du vide ; par le nombre dix, celui des doigts, cinq auprès de cinq ; et l’alliance de l’unité, au milieu d’elles. Dans la puissance parmi la langue et parmi la circoncision. ( Section III)

LE SEPHER YETZIRAH

Dix Sephiroth et le silence du vide. Dix et non neuf, dix et non onze ; comprends dans Hochmah (la sapience) et sois sapient dans Binah (la compréhension).

(, Section IV.)

Dix Sephiroth et le silence du vide, dont les dix propriétés sont infinies : profondeur du principe et profondeur de la fin ; profondeur du bien et profondeur du mal ; profondeur de la hauteur et profondeur de la profondeur, profondeur de l’Orient et profondeur de l’Occident, profondeur du Nord et profondeur du Midi ; le Seigneur unique, Roi fidèle, les domine toutes du haut de son trône, éternellement saint dans tous les siècles des siècles.

(Section F.)

Dix Sephiroth et le silence du vide ; leur aspect est comme la vision d’un éclair, leur fin n’a pas de fin. Le Verbe est en elles ; allant et revenant comme un tourbillon, elles obéissent au commandement et s’inclinent devant son trône. (Section VI.)

La première des séphiroth un, c’est le Ruach Elohim, Esprit de Lui-les-Dieux des Vies, béni et deux fois béni, par le nom du Dieu vivant dans les siècles. La voix, l’Esprit ou le Verbe ou parole, c’est l’Esprit-Saint (Ruah Iîakadosch). (Section IX.)

Deux, c’est l’Esprit qui vient de l’Esprit, et par lui sont gravées et ordonnées les vingt-deux lettres de lesod ; les trois mères, les sept doubles et les douze simples, et de chacune d’elles un esprit.

Trois, sont les Eaux qui viennent de l’Esprit, et par elles il sculpta et ordonna Tohou et Bohou autrement dit le serpent qui délimite l’argile comme un parterre, et la barrière de pierres qui l’entourent en le fortifiant.

Quatre, c’est le Feu qui vient de l’Eau, et avec lui il ordonna le trône de la gloire, les ophanim (roues célestes) les séraphins, les Hhaioth-Hakaddosch, ou les animaux saints et les anges serviteurs ou Melakim ; et de ces trois il (it son refuge comme le dit le texte : c’est lui qui fit ses anges et ses esprits ministrants d’un feu flamboyant.

(Section X.)

Cinq, c’est le sceau duquel il scella ce qui est en haut quand il regarde au-dessus de lui et en liaison avec le nom IEYE, il la scella du nom de IEV.

Six c’est le sceau duquel il scella ce qui est en bas, quand il regarde au-dessous de lui. Il le scella du nom IVE.

Sept, c’est le sceau duquel il scella l’Orient quand il regarde devant lui. Il le scella du nom de EIV.

Huit, c’est le sceau duquel il scella l’Occident quand il regarde derrière lui. Il le scella du nom EVI.

Neuf c’est le sceau duquel il scella le Midi quand il regarde à sa droite. Il le scella du nom YIE.

Dix c’est le sceau duquel il scella le Nord quand il regarde à sa gauche. Il le scella du nom YEI.

(Section XL)

LE ZOHAR

Le Sepher Ha-Zohar est une vaste compilation rabbinique que Von a placée à tort sous le nom de Rabbi Siméon ben Yokhai, ou sous celui de Mosès de Léon. Elle appartient, en réalité, à plusieurs époques ; certaines parties, fort anciennes, sont antérieures à Vère chré-

LE ZOHAR

tienne ; d'autres ne remontent pas au delà du xv* siècle de notre ère. On a appelé également le Zohar « Kabbale » ; mais cette dénomination est inexacte , car cette science est contenue dans bien d'autres livres que le Zohar.

Pour aborder avec fruit la lecture de ce livre, il faut se représenter que les docteurs hébreux, de l’époque du Talmud, avaient pour habitude d'écrire des commentaires dans les marges des livres qu'ils lisaient. Leurs disciples, recopiant ces livres , incorporaient ces commentaires dans le texte primitif, souvent fort maladroitement. Puis d'autres ajoutaient de nouveau d'autres commentaires qui, plus tard, étaient ajoutés au texte, et ainsi de suite un grand nombre de fois. Les quatre volumes dont se compose le Zohar ont été formés de cette manière. A un texte primitif, qui ne comprenait peut-être que trois ou quatre pages, sont venus s'ajouter des commentaires plus ou moins heureux, et de valeur très inégale. Aucun des traducteurs qui se sont exercés sur le Zohar ne Va compris ; aucun n’a songé à faire la sélection nécessaire entre le texte et les commentaires ; ni Knorr von Rosenroth, dans les fragments qu'il a traduits en latin, ni Jean de Pauly dans la traduction un peu désordonnée et infidèle qu'il a faite de ce livre. Nous avons essayé de donner un spécimen de ce travail, dans l'extrait ci-après, dans lequel on trouvera, pour la première fois, une partie essentielle du Zohar, restituée dans sa forme primitive.

La partie la plus ancienne du Zohar se trouve, à notre avis, dans le Siphra Di-zeniutha. Elle ne comporte pas, avons-nous dit, plus de trois ou quatre pages. Nous n’hésitons pas à y reconnaître une doctrine étrangère au judaïsme, et dont certains juifs avaient eu connaissance lors de la captivité de Babylone ; c'est, croyons-nous, la doctrine d'une tribu assyrienne errante, analogue aux

Bohémiens de nos jours. Les rabbins Bayant connue , y ont ajouté quantité de citations bibliques dont l’interpolation est manifeste , et ils y ont rattaché un système mystérieux de lettres, que Von trouve dans le Sepher Yetzirah. Mais il est certain que le Zohar primitif ne se rattache nullement à la théologie des Hébreux, comme on s’en convaincra en lisant V extrait ci-dessous ; il en est même si éloigné, que le nom de la Divinité, dont les rabbins, kabbalistes ou non, se sont montrés si prodigues, n’y figure pas une seule fois, autrement que par interpolation.

A cette page, la plus antique et la plus vénérable du livre, nous avons joint, à titre de curiosité, un passage purement rabbinique ou la : doctrine de la sphéricité et de la rotation de la terre se trouve enseignée, au moins onze ou douze siècles avant Colomb et Kopernik. Elle était d’ailleurs familière aux Juifs, qui l’avaient formulée dans le Talmud de Jérusalem, traité Âbodah Zarah, III.

SIPHRA DI-ZENIOUTAH

ou le Livre de ce qui est caché

Il est enseigné dans le Livre de ce qui est caché, l'équilibre de la Balance. Il est enseigné quauparavant la face ne regardait pas la face. Et les rois primitifs sont morts, n’ayant pas trouvé leur nourriture, et la terre elle-même a été désolée. Alors la Tête, désirée de tous les désirs, prépara et communiqua les vêtements d’honneur. La balance est suspendue dans un lieu qui n’était pas. Par elle sont pesés ceux qui n’étaient pas trouvés. La balance existe pour le corps et même pour ce qui est invisible. Sur elle passèrent, et sur elle passeront les êtres qui ne sont pas, qui sont et qui seront. C’est l’Inconnu, c’est le Mys-

LE ZOHAR

tère entre les mystères. Il a été préparé et placé, comme dans un crâne, une rosée limpide. La membrane est comme l’air, limpide et fermée. Des fils de laine sont suspendus en équilibre. La bienveillance des bienveillances se manifeste par les prières des inférieurs. L’œil ouvert, et ne s’endormant jamais, il observe continuellement ; l’aspect inférieur dépend de l’aspect de la lumière d’en haut. 11 y a deux ouvertures supérieures d’où l’Esprit descend sur tous. Des sept du crâne émane la bénédiction des bénédictions. Et c’est de la terre qu’émane la malédiction. Treize dépendent des treize de la dignité de dignité. Six mille ans dépendent des six premiers. Le septième sur ce qui est seul puissant. Dans ce treizième est la rénovation.

Le signe parmi les signes est un grand serpent étendu en long ; la queue est dans sa tête ; sa tête est cachée et honteuse ; il se manifeste une fois tous les mille jours, ses écailles sont rugueuses, et il a un aiguillon. Mais sa tête est brisée dans la grande mer. Ils étaient deux et ils ne sont plus qu’un.

Les têtes, alors, sont interverties. Et elles équilibrent la balance. Et elles montent dans l’équilibre. En principe l’Unité, et toutes choses retournèrent à l’Unité, comme les amants qui s’embrassent.

La langue parle des choses élevées. La langue cache la Mère qui l’a produite. Le Père réside dans le Principe, la Mère est dans le milieu, et elle est cachée des deux côtés. Malheur à qui dévoile leur nudité. L’époux a la domination sur l’épouse. Quand la virilité se fraye sa voie en haut, la femme s’obscurcit, et la Mère est illuminée. La Mère concentre ses lumières et terme sa porte. Malheur à qui ouvrira cette porte !

( Zohar , Partie II, f° 176 b, Siphra Ch. Ier.)

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