‹ Anthologie des écrivains français (volume 2)Chapitre 21 sur 65 · ODES ET BALLADES · texte numérisé non relu

ODES ET BALLADES

La Grand'Mère.

c DORS -TU?... Réveille-toi, mère de notre mère !

D'ordinaire en dormant ta bouche remuait ; Car ton sommeil souvent ressemble à ta prière. Mais, ce soir, on dirait la madone de pierre ; Ta lèvre est immobile et ton souffle est muet.

(1) HUGO (Victor), né à Besançon en 1802, mort à Paris en 1885. Fils d'un général créé comte par Napoléon, il suivit tout enfant son père de garnison en garnison, notamment en Espagne et en Italie, puis revint avec sa mère aux Feuillantines. Dès i8r7 il s'était fait remarquer à l'Académie par son épître sur les Avantages de V étude, qui fut jugée digne du prix, et Chateaubriand l'avait appelé « enfant sublime ». Son premier volume d'Odes ayant paru, suivi de romans tels que Han d'Islande (1823) et B:-.g Jargal (1826), il prit la tête du mouvement romantique avec Cromwell (1S27), drame injouable dont la Préface développait la poétique de la nouvelle école. Mais c'est sur la scène qu'il avait résolu de livrer la bataille décisive. Marion de Lorme ayant été interdite par la censure (1829), Victor Hugo composa en quelques semaines Hernani, drame qui fut représenté au Théâtre-Français le 25 février 1830. Dès lors il fut salué chef incontesté du romantisme, et chacun de ses poèmes, de ses romans, de ses drames fut un événement, un champ de bataille où il ne recula jamais, même vaincu, comme après la chute aussi éclatante qu'imméritée des Burgraves, qui marquent la fin de sa carrière dramatique (1843). La tribune s'offrait maintenant à Victor Hugo, qui avait été élu membre de l'Académie française en 1841. En 1845 Louis- Philippe le créait pair de France. Les années suivantes il siégeait, d'abord à la Constituante, ensuite à la Législative, où il devint, dès 1848, le chef et l'orateur delà gauche démocratique. En 1851 il combattit avec la dernière violence la réélection de Louis Bonaparte, et, quand sonna l'heure du coup d'État, il fut placé en tête de la liste de proscription. Il gagna la Belgique, puis Jersey, écrivant Napoléon le Petit, pamphlet (1852), et les Châtiments (1853) ; puis il retrouva le calme avec les Contempla! ions (1856), et se montra plus puissant et plus grand que jamais avec la Légende des siècles (1859), suite d'épopées sans égales dans la poésie française. Il est d'ailleurs inutile d'énumérer ici son œuvre, dont nous trouverons à leur date de publication les plus beaux ou les plus célèbres morceaux. Mort plein de gloire et d'années, c'est dans une véritable apothéose que sa dépouille fut conduite au Panthéon. Pendant soixante ans il n'a cessé de jeter dans la circulation mille chefs-d'œuvre

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