LES STALACTITES
A la Font-Georges.
O CHAMPS pleins de silence, Où mon heureuse enfance Avait des jours encor Tout filés d'or :
O ma vieille Font-Georges, Vers qui les rouges-gorges Et le doux rossignol
Prenaient leur vol !
Maison blanche, où la vigne Tordait en longue ligne Son feuillage qui boit Les pleurs du toit !
(1) BANVILLE (Théodore de), né à Moulins en 1823, mort à Paris ea 1891. Venu après Hugo, Musset et Gautier, Banville passa maître sans cesser d'être leur digne et respectueux élève, — gardant scrupuleusement le culte de la forme, et ne dédaignant jamais d'être « un bon ouvrier ».
Dès 1842, les Cariatides avaient appelé sur lui l'attention de la critique. En 1846 parurent les Stalactites ; mais ce n'est qu'en 1857 qu'il fut placé hors de pair, grâce, aux Odes //f funambulesques. Avec elles, Banville avait ce
rare mérite de doter le dix-neuvième siècle d'une poésie comique ; émaillant le vers d'une foule de traits d'esprit, le disloquant sans son harmonie, et jonglant avec les mots et a poussé la richesse jusqu'à l'outrance. Cette virtuosité incomparable lui a permis de faire revivre les vieux rythmes oubliés du moyen âge et de la Renaissance. Passant par Marot et par Ronsard, il remonte jusqu'à Villon avec ses Trente-six Ballades joyeuses (1873), et même jusqu'à Charles d'Orléans avec ses Rondels (1875 . Il est aussi, d'après la grande tradition classique, le créateur en vers de tout un théâtre de fantaisie qui se peut presque égaler parfois au théâtre usset, et où il faut citer : le Feuilleton d'Aristophane, le Beau Léandrc, Diane an bois, les Fourberies de Nérine, la Pomme, Florise, Deidamia, etc.
jamais lui faire perdre de surtout avec les rimes dont