‹ Anthologie des écrivains français (volume 3)Chapitre 20 sur 70 · FERDINAND BRUN ET 1ÈRE · texte numérisé non relu

FERDINAND BRUN ET 1ÈRE

en regardant bien en face mon ami, qui put lire ce que j'avais accumulé de menaces nettes et froides :

— Tu pourrais dire plus justement : « nous avons un passé »... Il me semble que le tien, cher camarade, n'a rien à envier au mien...

— Oh ! moi... fit le ministre avec un air de détachement supérieur et de confortable insouciance, ce n'est pas la même chose... moi, mon petit..., je suis couvert... par la France !..

Et, revenant à mon élection, il ajouta :

— Donc, je me résume... De la betterave, encore de la betterave, toujours de la betterave ! ... Tel est ton prograrame.. Veille à n'en pas sortir.

Puis il me remit discrètement quelques fonds et me souhaita bonne chance.

(Le Jardin des supplices.)

Fasqxielle, éditeur.

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Le Génie de Bossuet.

QUOIQUE Bossuet n'ait commencé d'écrire ou d'imprimer qu'après quarante ans accomplis, Voltaire, seul de nos grands écrivains — et Victor Hugo, en notre temps — ont écrit da\antage. Encore cette œuvre, pour considérable qu'elle soit, ne nous

•BRUNETIÈRE (Ferdinand), né à Toulon en 1849, nort à' Paris en 1906. D'abrd professeur libre, il débuta comme critique à la Revue Bleue, puis entra vers 1875 à la Revue des Deux Mondes, dont il fut secrétaire delà rédaction et directeur- gérant en 1893. Nommé, en 1886, maître de conférences de langue et littérature françaises à l'École normale, il fut élu, en 1893, membre de l'Académie française.

Critique doctrinaire, la doctrine de Brunetière se fonde sur la tradition humaine. Sa méthode, postérieure à sa doctrine, consiste dans une appli-

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