‹ Anthologie des écrivains français (volume 3)Chapitre 21 sur 70 · FERDINAND BRUN ET 1ÈRE · texte numérisé non relu

FERDINAND BRUN ET 1ÈRE

est -elle point parvenue tout entière, et, sans parler d'une Correspondance dont nous n'avons probablement pas la moitié, faut-il y noter des pertes comme celle du Panégyrique de saint Augustin ou de VOraison funèbre d'Anne d'Autriche. Le caractère général en est d'être oratoire, ou même parlée, si l'on peut ainsi dire. C'est ce que l'on oublie quelquefois, aussi bien quand il est question de juger la langue de Bossuet que celle de Molière. Littéralement, ils écrivent pour être entendus, à peine pour être lus ; pour l'oreille, autant, ou plus que pour les yeux ; et si quelques délicats les ont trouvés plus ou moins incorrects, négligés, obscurs et amphibologiques, il n'y a qu'à les réciter pour faire taire aussitôt les critiques. On peut, il faut ajouter que personne dans notre langue, ni peut-être dans aucune langue, pas même Cicéron ou Démosthène, n'a été doué comme Bossuet des qualités de l'orateur. Pour la propriété, la justesse et la splendeur de l'expression ; pour une richesse ou une fécondité d'invention verbale qu'il ne partage en français qu'avec Victor Hugo; pour l'audace lyrique des commencements : — « Sire, ce que l'œil n'a pas aperçu, ce que l'oreille n'a jamais entendu, ce qui n'est jamais entré dans le cœur de l'homme, ce sera le sujet de cet entretien.., » — pour la liberté du tour et l'inattendu de l'image ; pour le nombre et l'harmonie de la période, cette qualité qui fait souvent défaut à

cation spéciale de l'évolutionnisine aux genres littéraires. Dogmatique, homme d'autorité, Brunetière cherche en tout la discipline. Cette tendance se traduit, en matière de littérature et de poésie, par une sorte de défiance à l'égard du moi. A ses yeux, une œuvre semble n'avoir de valeur que pour ce qu'elle a de généralement humain. Brunetière a rendu d'éminents services à la littérature française. Réagissant contre l'école de Taine, il distingua nettement la critique littéraire de l'histoire. On doit encore lui savoir gré de son éloquente et courageuse campagne contre l'impressionnisme purement voluptueux qui, ne cherchant dans les livres que le plaisir de la sensibilité, s'abstenait de contrôler ce plaisir, d'en estimer la valeur. Il a voulu donner à la critique des principes et des règles. Le dogmatisme de Brunetière a quelque chose d'imposant et une autorité magistrale.

Ses principaux ouvrages sont ; Études critiques sur l'histoire de la littérature française (1S80-1906) ; Histoire et littérature (1884-1886); Questions de critique et Nouvelles Questions de critique (1889); l'Évolution des genres (1890) ; Essais sur la littérature contemporaine et Nouveaux Essais sur la littérature contemporaine (1892 1895); le Roman naturaliste (1892I ; l'Évolution de la critique ; l'Évolution de la poésie lyrique (1894^ ; les Époques du théâtre français ; Manuel de l'histoire de la littérature française (1899) ; Discours de combat, Honoré de Balzac (1905), etc..

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