HhNRI LAVEDAN
M. DuFLAC. — Avec grand plaisir.
Mme Prunier, à M^^ Lourdain. — Chère Madame, M. Duflac, une relation de trente ans...
M. Duflac. — Eh oui ! C'est en 1865...
Mme Prunier, désignant Paul. — Et son fils, un charmant jeune homme. (Désignant la jeune fille.) M^i^ Lourdain.
M^e Lourdain, sensible. — Une grande fillette ! Ah ! mon Dieu, oui !
]Virae Prunier. — Et qui embellit de jour en jour. [Tout le monde sourit d'un air entendu et on s'assoit.)
M. Duflac, à M"»® Lourdain. — Elle marche sur vos traces.
M"*« Lourdain. — Oh ! Monsieur !
Mme Prunier. — M™^ Lourdain, au moment où vous êtes arrivé, était en train de me conter qu'elle avait passé une ravissante après-midi, dimanche dernier, au Jardin d'acclimatation.
M. Duflac. — Ah ! Moi, voilà bien longtemps que je n'y ai mis les pieds.
M™c Lourdain. — D'abord, la musique est excellente. J'adore la musique militaire.
Paul Duflac, à M'i^ Lourdain. — Et vous, Mademoiselle?
M"e Lourdain. — Beaucoup. Mais j'aime bien l'autre aussi.
Paul Duflac. — Sans doute.
Mine Lourdain. — Elle a été l'autre jour à l'Opéra.
mondes parisiens, finement observées et spirituellement dialoguées. Ces séries de chroniques parurent en volumes, de 1885 à 1893, ainsi intitulées : Matn'zelle Vertu (18S5); Sire (1888); Noclurnes (1891). Puis vinrent : le Nouveau Jeu (1892); Leur Cœur (1893); le Lit (1894): leur Beau Physique (1894); le Vieux Marcheur {1895); les Marionnettes (1S95); la Haute (1896]; Lewrs Sœurs (1896); les Jeunes (1897); la Vie courante, Bon an mal an, les Grandes Heures, les romans du Chemin du salut, etc. — Auteur dramatique, il a fait représenter : une Famille (Théâtre-Français, 1891); le Prince d'Aurec {iS<)i); les Deux Noblesses {i8<)7); Catherine (1897); le Nouveau Jeu (1898); le Vieux Marcheur (1899); les Médicis (1901), comédies où il met en scène le monde qui s'amuse; le Marquis de Priola (1902), portrait un peu romantique d'un Don Juan moderne; le Duel U905) et Servir (191 3), pièces d'idées, où des principes opposés sont les facteurs principaux de l'action; le Goût du vice (1911), comédie allègre et moralisatrice. H. Lavedan, qui est entré à l'Académie française en 1899, s'est créé une langue spéciale, savoureuse et solide. Sous sa plume, la drôlerie du style boulevardier fait souvent place à l'éloquence.