HENRI LAVEDAN
■ M'ie LouRDAiN. — Pour la première fois.
M. DuFLAc. — Oh ! c'est charmant !
M™^ LouRDAiN. — Son père lui a offert ça pour ses vingt ans.
M. DuFLAC. — Et qu'a-t-elle vu jouer, cette chère enfant?
M"6 LouRDAiN. — Faust.
M«e LouRDAiN. — Je ne sais pas si vous êtes comme moi, j'adore Gounod.
M. DuFLAC. — Pas dans tout.
Mme Prunier. — Non. Mais c'est égal...
M. DuFLAC. — Ah ! je suis de votre avis.
Mme Lourd AIN. — Quand on voit aujourd'hui ceux qui essaient de le remplacer...
Paul Duflac. — Et qui ne peuvent pas.
Mme LouRDAiN. — N'est-ce pas. Monsieur? Je vois que vous aussi, vous êtes un peu artiste.
M. DuFLAC. — Lui? S'il l'est? Trop, hélas !
Mme LouRDAiN. — Jamais trop ! Ne dites pas cela. Ne retirons pas à la jeunesse sa flamme, son idéal !
Mme Prunier. — M. Paul Duflac est l'associé de son père, et il dirige avec lui la maison.
Mme Lourdain. — Bravo ! Tout alors ? Le commerce et les arts... Votre père doit être bien fier de vous, Monsieur.
Paul Duflac. — Madame...
M. Duflac. — Il est gentil. C'est un bon petit homme. Et pas bête. Excessivement fort en chimie. Il m'a trouvé, il y a deux ans, un procédé pour la coloration de mes sirops, absolument sans danger, et dont j'ai eu déjà des résultats merveilleux.
Mme Prunier, â A/me Lourdain. — Vous savez que la maison de M. Duflac est des plus vieilles et des plus solides...
Mme Lourdain. — Je sais. Qu'est-ce qui ne connaît pas? {A Duflac.) Monsieur, je ne voudrais pas du tout que vous pensiez que je le dis par politesse. Mais pour toutes mes conserves, gelées, cerises à l'eau-de-vie, etc., voilà des années que je ne me fournis que chez vous.
M. Duflac. — Vraiment, Madame, vous me comblez. Je tâche de satisfaire...
M""^ Lourdain. — Et vous y réussissez bien I