HENRI LAVEDAN
M. DuFLAC. — C'est charmant! Mais l'heure nous presse un peu, .
Mme Prunier. — Vous partez déjà?
M. DuFLAC. — Il le faut. Ça n'était qu'une petite visite...
]V[me Prunier. — Ça ne compte pas; j'espère qu'un autre jour vous reviendrez, avec monsieur votre fils...
Paul Duflac. — Madame...
Mme Prunier. — Et que vous resterez plus longtemps. Vous me devez un dédommagement. Vous aurez peut-être le plaisir de rencontrer de nouveau ces dames Lourdain?
M. Duflac, galant. — Mais... ça n'est pas de refus.
Mme Lourdain. — Oh ! vraiment, monsieur. [Les Duflac se lèvent. Cérémonies mutuelles, saints, sourires. M me Prunier les accompagne dans l'antichambre.)
Mme Prunier, une fois sur le palier, bas. — Eh bien?
M. Duflac. — Moi, ça m'est égal. {A son fils.) Mais toi?
Paul Duflac. — Elle me déplaît plutôt. Elle est mal bâtie, et elle a l'air bête comme un pot à eau.
M. Duflac. — Oui. Calme-toi. Ça ne prouve rien. Et ne nous pressons pas. Ta mère m'a fait le même effet la première fois.
Mme Prunier. — Enfin, voyez ! Réiléchissez ! Quatre cent mille francs tout de suite. Et autant à la mort.
M. Duflac. — Merci, chère amie. Nous allons y penser.
[Pendant ce temps-là, an salon.)
Mme Lourdain, à sa fille. — Comment le trouves-tu? Te plaît-il?
M''° Lourdain. — Il me plaît. Je crois qu'il a du cœur. Il n'a pas l'air de tenir à l'argent.
M^^ Lourdain. — Enfin, nous allons y penser. Ne nous pressons pas. Il s'agit de ton bonheur. Ça vaut la peine de réfléchir jusqu'à demain.
Mme Prunier, qui rentre au salon. A part. — Ça se fera.
(Les Petites Visites.)
Cahnann-Lévy, éditeur.