I?JI CRÉBILLON
Cachons-nous clans l'horreur de l'éternelle nuit.
Quelle triste clarté dans ce moment me luit ?
Qui ramène le jour dans ces retraites sombres ?
Que vois-je ! mon aspect épouvante les ombres !
Que de gémissements ! que de cris douloureux !
« Oreste ! » Qui m'appelle en ce séjour affreux ?
Egisthe ! Ah ! c'en est trop, il faut qu'à ma colère...
Que vois-je ? dans ses mains la tête de ma mère !
Quels regards ! Où fuirai-je ? Ah ! monstre furieux,
Quel spectacle oses-tu présenter à mes yeux !
Je ne souffre que trop ; monstre cruel, arrête :
A mes yeux effrayés dérobe cette tête.
Ah ! ma mère, épargnez votre malheureux fils ;
Ombre d'Agamemnom, sois sensible à mes cris ;
J'implore ton secours, chère ombre de mon père ;
Viens défendre ton fils des fureurs de sa mère ;
Prends pitié de l'état où tu me vois réduit.
Quoi ! jusque dans tes bras la barbare me suit !...
C'en est fait ! je succombe à cet affreux supplice.
Du crime de ma main mon cœur n'est point complice ;
J'éprouve cependant des tourments infinis.
Dieux ! les plus criminels seraient-ils plus punis ?
iyn CRÉBILLON
RHADAMISTE ET ZENOBIE
La Mort de Rhadamiste.
pharasmane, à Rhadamiste.
MALHEUREUX, quel dessein te ramène en ces lieux ? Que cherches-tu ?
RHADAMISTE
Je viens expirer à vos yeux.
PHARASMANE.
Quel trouble me saisit ?