GENTIL-BERNARD
On meurt deux fois, je le vois bien Cesser d'aimer et d'être aimable, C'est une mort insupportable ; Cesser de vivre, ce n'est rien.
Ainsi je déplorais la perte
Des erreurs de mes premiers ans ;
Et mon âme, aux désirs ouverte,
Regrettait ses égarements.
Du ciel alors daignant descendre, L'Amitié vint à mon secours ; Elle était peut-être aussi tendre, Mais moins vive que les Amours.
Touché de sa beauté nouvelle, Et de sa lumière éclairé, Je la suivis ; mais je pleurai De ne pouvoir plus suivre qu'elle.