‹ Anthologie des écrivains françaisChapitre 28 sur 87 · GENTIL-BERNARD · texte numérisé non relu

GENTIL-BERNARD

On meurt deux fois, je le vois bien Cesser d'aimer et d'être aimable, C'est une mort insupportable ; Cesser de vivre, ce n'est rien.

Ainsi je déplorais la perte

Des erreurs de mes premiers ans ;

Et mon âme, aux désirs ouverte,

Regrettait ses égarements.

Du ciel alors daignant descendre, L'Amitié vint à mon secours ; Elle était peut-être aussi tendre, Mais moins vive que les Amours.

Touché de sa beauté nouvelle, Et de sa lumière éclairé, Je la suivis ; mais je pleurai De ne pouvoir plus suivre qu'elle.

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