RU LH 1ÈRE
« Monsieur, tout ceci cache un dangereux poison ; Personne, selon nous, n'a ni tort ni raison ; Et, sur la vérité n'ayant point de mesure, Il faut suivre pour loi l'instinct de la nature !...
— Monsieur, je n'ai pas dit un mot de tout cela...
— Oh ! quoique vous ayez déguisé ce sens-là, En vous interprétant la chose devient claire...
— Mais, en termes précis, j'ai dit tout le contraire. Cherchons la vérité, mais d'un commun accord ; Qui discute a raison et qui dispute a tort.
Voilà ce que j'ai dit, et d'ailleurs qu'à la guerre, A la ville, à la cour, souvent il faut se taire...
— Mon cher monsieur, ceci cache toujours deux sens ; Je distingue... — Monsieur, distinguez, j'y consens, J'ai dit mon sentiment, je vous laisse les vôtres,
En demandant pour moi ce que j'accorde aux autres...
— Mon fils, nous vous avons défendu de penser, Et, pour vous convertir, je cours vous dénoncer. »
Heureux ! ô trop heureux qui, loin des fanatiques Des causeurs indiscrets et des jaloux critiques, En paix sur l'Hélicon pourrait cueillir des fleurs ! Tels on voit dans les champs de sages laboureurs, D'une ruche irritée évitant les blessures, En dérober le miel, à l'abri des piqûres.
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MifOTHCCA )
MALFILATRE