‹ Anthologie des écrivains françaisChapitre 5 sur 87 · BEG ISARD · texte numérisé non relu

BEG ISARD

LE LEGATAIRE UNIVERSEL

C'est votre léthargie.

GÉRONTE

BONJOUR, monsieur Scrupule.

crispin, à part.

Ah ! me voilà perdu.

GÉRONTE

Ici depuis longtemps vous êtes attendu.

M. SCRUPULE

Certes, je suis ravi, monsieur, qu'en moins d'une heure Vous jouissiez déjà d'une santé meilleure. Je savais bien qu'ayant fait votre testament Vous sentiriez bientôt quelque soulagement.

(*) REGNARD (Jean-François), né à Paris en 1655, mort au château de Grillon, près de Dourdan, en 1709. Fils d'un riche bourgeois, il mena d'abord une vie aventureuse. Au retour de son second voyage en Italie, il fut pris, en compagnie d'une dame qu'il aimait et du mari de celle-ci, par un corsaire barbaresque, qui le conduisit captif à Alger (1678). Là, Regnard fut vendu à un certain Achmet-Talem, qui fit de lui son cuisinier et l'emmena a Constantinople. Racheté par sa famille, il regagna la France (168 1) avec sa maîtresse, qu'il s'apprêtait à épouser lorsqu'elle retrouva son mari qu'elle croyait mort. Regnard a raconté cette aventure dans son roman la Provençale. Il reprit ses pérégrinations, visita la Flandre, la Hollande, la Suède et entreprit un voyage en Laponie avec de Corberon et de Fercourt. Les explorateurs s'arrêtèrent au mont Metavara, où ils gravèrent sur un rocher la fameuse inscription latine qui se termine par ce vers : Sistimus hic tandem nobis ubi défait orbis^ (Nous nous sommes arrêtés là seulement où nous a manqué le monde.) Regnard

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