‹ Anthologie des poetes canadiensChapitre 200 sur 241 · MADAME PÉAN · texte numérisé non relu

MADAME PÉAN

Assise au clavecin, au hasard d'un accord,

J'ai regardé mes mains, mes mains blanches et fines,

Dont Bigot couronna l'élégance divine

De volages baisers et de lourds anneaux d'or.

Et j'ai souri, coquette, aux reflets chatoyants Des rubis caressés par la flamme des lustres, Heureuse de mon sort de belle dame illustre Par ses petits levers et ses soupers galants.

Mais soudain d'autres mains aux doigts tordus d'efforts, Comme pour m'accuser de ma vie inutile De poupée amoureuse, indolente et fragile, Ont posé leur tristesse à côté de mon fard.

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