AU TEMPS DES CLÔTURES
Les champs ont, ce matin, l'air de toiles écrues, Tant le printemps verdit le chaume, à mon réveil. Au trécarré, juchés sur un fruste appareil, Deux gars relèvent les clôtures abattues.
Au double ahan de leur haleine, les massues, Tournant dans l'air qu'emplit la clarté du soleil, Retombent sur les pieux avec un bruit pareil A celui de la glace éclatant sous les crues.
Demain, l'enclos sera prêt pour les bestiaux,
Tandis que, sans repos, ces hommes grands et beaux,
Tendront sur un travail neuf, leurs épaules fortes.
Et je songe, en voyant ces êtres surhumains, Qu'à d'utiles labeurs ne servent pas mes mains. — Mes mains où j'aperçois des callosités mortes.
{A V Ombre de VOrford)