‹ Anthologie des poetes canadiensChapitre 219 sur 241 · TOUT S'EN VA · texte numérisé non relu

TOUT S'EN VA

Ce n'est pas en ce qu'ils ont de radieux et de prodigue que l'amour et la musique séduisent l'homme et le conquièrent, mais en ce qu'ils lui dispensent jusqu'à l'infini le sentiment de son exil et la nécessité de l'échange passionné.

Comtesse de Noailles.

L'air de Shéhérazade en nous à peine éteint

— Vif récit que le vent scandait dans les cordages, — ■

Toi, tendre et captivant de ton grand air câlin,

Tous quatre nous parlions d'art, d'amour, de voyages.

L'ambiance, ta voix, le confort, ta beauté, Tout était charme, enfin! et parce que je t'aime, Je pensais: «Chaque soir, en son intimité Bercer sa vie! ah! quel unique et cher poème!))

Or, tu me dis : ((Je pars, mais nous nous reverrons. Notre amitié ne peut s'éteindre en mon absence.)) Et chacun, à part soi, pensait: il a raison. Mais ce mot redoutable, à mon cœur sans défense,

Ainsi qu'un jet de feu mordit obstinément. Je te revois: — si tôt l'heure vient qui sépare! — Mais à cet endroit où l'on souffre, à tout moment, J'entends grincer comme un paquebot qui démarre. . .

(Ceux qui seront aimés)

A NÉA NTISSEMENT

The fever called : Living.

E. A. Poe.

J'aimerais tant mourir si l'on ne pensait plus Après! Comme l'enfant s'endort, un soir s'éteindre! Ce doit être si doux de n'avoir plus à craindre Ni bonheurs, ni regrets, ni désirs, ni vertus.

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