‹ Anthologie des poetes canadiensChapitre 220 sur 241 · SIMONE ROUTIER · texte numérisé non relu

SIMONE ROUTIER

Après tant de sanglots, d'un lent soupir atteindre Au néant ignoré des déclins révolus D'où la chair et le cœur sont à jamais exclus. De ses bras desséchés, ô Vide, enfin t'étreindre!

Oubli, ne même pas ressentir que c'est toi.

Ne plus savoir vos noms : Espoirs, Doutes et Foi ;

Et s'enliser sans cesse et sans vous reconnaître :

Vie, Abolissement, Passé, Présent, Futur. . . Dieu, ne point t 'accuser de nous avoir fait naître, Mais te rendre le noir du grand silence obscur.

BIBLIOGRAPHIE. — En vers : \ln peu d'Angoisse, un peu de Fièvre, poèmes (Beauceviile, /'Éclaireur, 1928); — La Course dans l'Aurore, poèmes {Sherbrooke, la Tribune, 1929). En prose: Dans les Ombres, roman {Montréal, Albert Lévesgue, 1931); — Mon Jacques, roman {Montréal, Albert Lévesque, 1933).

En préparation. — Flammes éteintes, poèmes.

Mademoiselle Éva Senécal est née à La Pairie, dans le comté de Compton, le 20 avril 1905. -Après avoir suivi les cours de V école primaire de son village natal, elle étudia pendant deux ans à P École normale de Saint-Hyacinthe. Collabora aux revues et journaux suivants: la Revue moderne, la Revue populaire, le Soleil, /'Événement, le Terroir, la Tribune de Sherbrooke où elle dirige une page féminine.

Mlle Senécal a été lauréate de divers concours: La Course dans l'Aurore a obtenu, en 1929, le prix de poésie de VA. C. J. C; le poème du Vent du Nord a remporté, la même année, le prix d'originalité, au Salon des Poètes de Lyon, dans un concours ouvert aux poètes du monde entier; le roman Dans les Ombres a été primé chez Albert Lévesque, en 1931.

«... son œuvre est une contribution de grande valeur au bagage poétique canadien. D'autres avant elle, il est vrai, ont chanté la fuite vers Vinconnu ou V étranger, mais nul ne Va fait avec un tel accent de sincérités

(Ceux qui seront aimés)

«... Si V auteur a cherché son inspiration dans l'irréel, le rêve, la réalité a pris une revanche magnifique en se glissant partout dans l'imagerie de ses vers. Les images, qui sont la musculature même du poème lyrique, ont la limpidité des matins d'automne sur nos campagnes. Si elles sont parfois nébuleuses, elles m'évoquent les brouillards courts qui stagnent sur les étangs et qui ne font qu'ajouter un charme aux paysages.)) (Alfred DesRochers, Paragraphes)

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