‹ Anthologie des poetes canadiensChapitre 229 sur 241 · ÏAMBES · texte numérisé non relu

ÏAMBES

Vous ne me vaincrez pas, vous dont le plaisir triste

Est de casser l'aile aux oiseaux!

Non, vous ne vaincrez pas mon cœur idéaliste

ROBERT CROQUETTE

Avant de me briser les os!

Car je me sais plus fort que vous, ô casseurs d'ailes!

Car si vous pouvez dénicher Les nids de l'alouette et les nids d'hirondelles,

Vous n'atteindrez pas mon rocher!

Mon nid d'aigle est ouvert à la vaste lumière

Sur le front du plus haut des monts, Et l'air que j'y respire, ô buveurs de poussière,

Ferait éclater vos poumons.

Je l'ai placé trop haut pour vos mains salissantes

Mon nid où brille le soleil.

Débattez- vous au fond des mares croupissantes;

Moi, j'ai l'aurore au sein vermeil Qui vient comme une sœur lustrer mes jeunes ailes.

Salissez vos pieds au pavé; Vous ne détruirez pas avec tous vos faux zèles

Ce que ma jeunesse a rêvé.

Je suis plus fort que vous quand vous seriez un monde,

Je n'ai pas peur de vous, méchants:

J'ai la haute montagne et vous la rue immonde,

Vous le sarcasme et moi les chants!

Riez: l'or froid qui luit entre vos mains crispées

Ne vaut pas mon soleil d'or pur; Mes plumes que le jour de lumière a trempées

M'emportent vers le clair azur, Et je bois le baiser des brises matinales

Et je ruisselle de bonheur.

Eh quoi! quand j'ouvre au ciel mes ailes virginales,

Pourrais-je, vil troupeau flâneur, Vous entendre mâcher au fond du pâturage ?

Gardez votre avoine et votre or; Libre à travers l'azur, libre à travers l'orage,

Moi, je prendrai le même essor.

Et quand j'élargirai mon aile en l'aube immense

Vous serez si bas à genoux, Que je pourrai pleurer sur votre déchéance

Et que j'aurai pitié de vous!

{A travers les Vents)

"METROPOLITAN MUSEUM" {Fragments)

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