TERRE NOUVELLE
Le sol s'éten! grisâtre où l'on fera des gerbes—HECTOR DEMERS
Lorsque le blane Hiver, aux jours tièdes mêlé, Recule vers le Nord de montagne en montagne, La gaîté du semeur envahit la campagne,
Et du sein des greniers renaît l’âme du blé.
nnui de mars, espoir d'avril, attente et rêve ! C'est, avant les bourgeons et les proches labours, L'inquiétude exquise et sourde des amours, C'est dans l'arbre vivant la marche de la sève.
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dit
C'est ton œuvre, soleil, créateur des matins,
Semeur de jours, passant du souverain abîme,
Toi qui, majestueux, vas ton chemin sublime, Jetant un printemps neuf sur nos printemps éteints.
C'est pour t'aimer, soleil, et vivre ta lumière, Que le semeur ainsi t’accueille à l'horizon, Que le blé, prisonnier dans sa blanche maison. Dès les aubes d'avril redemande la terre !
(Les Horizons)
ALBERT FERLAND
BERCEUSE ATŒNA
Le vent souffle sur le fleuve Y'oukon, et mon époux poursuit le renne sur les nont Koyoukon.
Xami, Xami, dors mon petit!
{ Ballade des Atænas (Alaska) ]
En rafales l'Hiver déchaîne
Ses vents hurleurs sur le Youkon, Et, seul dans la forêt lointaine Qui longe les monts Koyoukon, Mon cher époux chasse le renne.
Xami, Xami, dors doucement; Xami, Xami, dors, mon enfant !
J'ai brisé ma hache de pierre; Bientôt je n’aurai plus de bois.
Les jours gris traînent leur lumière.
L'arbre se fend sous les cieux froids.
J'ai brisé ma hache de pierre...
Xami, Xami, dors doucement Xami, Xami, dors, mon enfant !
Ah ! le soleil a fui la terre !
Et nous disons, hommes du Nord, Que sa chaleur est prisonnière Dans la loge du grand Castor.
Ah ! le soleil a fui la terre !
Xami, Xami, dors doucement !
Xami, Xami, dors, mon enfant !
Depuis longtemps la cache est vide.
Mes yeux, tournés vers les buissons, Ne voient plus les corbeaux avides Couvrir l'échafaud aux poissons.
Depuis longtemps ia cache est vide.
Xami, Xami, dors doucement !
Xami, Xami, dors, mon enfant !
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Mon petit, j'ai le cœur en peine !
Que fait-il done si loin de nous, Kouskokrala, chasseur de rennes ?
Ah !'qu'il est longtemps, mon époux !...
Mon petit, j'ai le cœur en peine !
Nami, Xami, dors doucement !
Xami, Xami, dors, mon enfant !
En rafales l'Hiver déchaîne
Ses vents hurleurs sur le Youkon, Et, seul, dans la forêt lointaine Qui longe les monts Koyoukon, Mon cher époux chasse le renne.
Xami, Xami, dors doucement !
Xami, Xami, dors, mon enfant !
(Le Terroir)