ERNEST TREMBLAY
Vanité ! vanité! Courbe ton front que dresse Plus haut que ton destin l’ambitieux désir !
La mort, de toutes parts, avidement te presse,
Le néant d’où tu sors cherche à te ressaisir !
Cris de gloire perdus, qu’on peut à peine entendre Dans la sourde rumeur que fait l'humanité,
Vous montez d'une bouche où reste un goût de cendre, Vous n'êtes qu’un vain bruit par lui-même écouté !
Vanité ! Tout s'éteint, tout expire et tout passe. L'astre dans sa clarté, le monde en son orgueil !
Et l’homme qui remplit de tumulte l’espace Mesure sa grandeur aux planches du cercueil !
(Le Miroir des Jours)
Ernest Tremblay
M. Ernest Tremblay a fourni au théâtre françcis de Montréal plusieurs revues d'intérêt forcément passager, et à la presse une collaboraltion en prose et en vers très active.
En réponse à une demande de notes biographiques, M. Ernest Tremblay écrivait il y a quelques mois :
Sa naissance fut un accident. Son caractère se forma au hasard des milieux hétéroclites qu'un orphelin fréquente le long de son difficile pèlerinage. Il aime le soleil, le bon vin, la bohème. Journaliste, comédien, revuiste, àl n'écrit que pour se distraire et distraire les autres. Passants de la vie qui ne pouvez lui donner l'oubli... oubliez-le. — Né en 1878 — la comédie achève. — Santé, joie. »
Ne prenons pas trop au sérieux ces paroles mystérieusement tragiques ? M. Tremblay est surtout un humoriste. Il est d'ailleurs à souhaiter que ce jovial camarade vive longtemps encore.
M. Tremllay est né dans l'État de New-York. Comme quelques milliers d’autres Tremblay, cependant, il est primitirement originaire du
À He ee pays de Charlevoir et Chicoutimi.
M. Ernest Tremblay pratique le reportage depuis une vingtaine d'années. Il est actuellement à la Presse.