‹ Anthologie des poètes canadiens [microforme]Chapitre 182 sur 255 · LE PAYSAN ET LE SOLDAT · texte numérisé non relu

LE PAYSAN ET LE SOLDAT

Tout trempé de sueur, un soldat d'autrefois Qui, jeune, avait suivi les camps de Bernadotte, ’assa près du logis d'un berger patriote, Soulevant avee peine une jambe de bois.

Le paysan sans bruit lui fait verser à boire, L’appelle, et puis lui tend un verre bien rempli :

« Père Oscar. lui dit-il, vous, un brave accompli,

« Contez-moi, je vous prie, un peu de votre histoire.

« Quelles impressions éprouviez-vous là-bas,

« Entouré d’ennemis, au fort de la bataille,

« Quand les canons lançaient leur terrible mitraille,

« Que les balles sifflaient? Craigniez-vous le trépas ? »

Le militaire prend son verre et puis ajoute :

« Je faisais comme toi, lorsqu'’au milieu d’éclairs, « La grêle et l'ouragan bouleversant les airs,

« Tu conduis au bereail tes troupeaux en déroute...

« Vraiment, comme ton cœur, ce vin est généreux ! » Dit le troupier.

...« Quand donc tu protégeais tes biens, « Que moi je me battais pour le salut des miens, « La poudre et le danger nous grisaient tous les deux. »

(Traduction du suédois de Rune, : }

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