COUP DE SOLEIL
Nous nous étions brouillés pour un rien, pour un mot; Notre querelle était insensément venue.
J’enrageais d’avoir tort, je boudais comme un sot Et vous faisais souffrir de ma déconvenue.
Pendant que nous laissions dériver le canot Sur le fleuve tranquille où se mirait la nue, Distraite, vous avez, étouffant un sanglot, Laissé le soleil d'août brûler votre main nue.
Or, ce coup de soleil a vaincu ma rancœur.
D'elle-même, à l'instant, ma lèvre s’est posée Sur votre fine main par le soleil rosée.
Et depuis ce jour-là je garde dans mon cœur Un souvenir bien doux de la brûlante cause Qui fit mon cœur plus tendre et votre main plus rose.