‹ Anthologie des poètes canadiens [microforme]Chapitre 34 sur 255 · TI · texte numérisé non relu

TI

Ces jours sont déjà loin dans la brume des âges

Où chantaient et priaient les peuplades sauvages Dans l'anse au sable d'or !...

Leur trace a disparu dès longtemps de ces rives:

Mais on entend, le soir, leurs voix lentes, plaintives Qui s'’éveillent encor.

Elles semblent pleurer le destin de leur race Qui recule sans bruit, s'amoindrit et s'efface Pour nous céder le pas, Semblable à ses forêts, naguère si voisines, Dont le feu dévorant a rongé les racines,

Qui ne renaîtront pus.

Phare du voyageur, seule au bord de la dune, Leur chapelle a bravé la ruine commune

Et triomphe du temps !

Comme pour annoncer que l’Église de Pierre Jusques au dernier jour bénira de la terre

Les derniers habitants !

Octave Crémazie (1827-1879)

BIBLIOGRAPHIE. — Poésies publiées, ainsi que sa correspondance, par l'fnstitut C'anatien de Québec (Quéder, 1882).

Octave Crémazie naquit à Québec, le 16 avril 1827. Devenu, au sortir de ses études. l'associé de ses deux frères, libraires rue de la Fabrique, à ne tarda pas à faire de leur boutique un établissement d'importance tout à fait erceplionnelle. (Quel est, écrit à ce sujet l'abbé Casgrain, quel est le ciloyen de Québec de 1860 qui ne se ra ppelle la Librairie Crémazie, rue de la Fabrique, dont la vitrine, tout encombrée de livres frais arrivés de Paris, regardait la caserne des Jésuites, celle autre ruine qui. elle aussi, a disparu sous les coups d'un vandalisme que je ne veux pas qualifier? C'était le rendez-vous des plus belles intelligences d'alors : l'historien Garneanu s y condoyait avec le penseur Stienne Parent; le baron Gauldrée-Boillean. alors consul général de France à Québec, que j'ai revu depuis à Paris... y donnait la main à l'abbé Ferland, pendant que Chauveau feuilletait les Samedis de Pontmartin; J.-C, Taché discourait là à bâtons rompus avec son antagoniste Cauchon; Fréchette et Lemay y venaient lire leurs premiers

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