A UN VIEIL ARBRE
Tu réveilles en moi des souvenirs confus.
Je t'ai vu, n'est-ce pas, moins triste et moins modeste; Ta tête sous l'orage avait un noble geste,
Et l'amour se cachait dans tes rameaux touffus.
D'autres, autour de toi, comme de riches fûts, Poussaient leurs trones noueux vers la voûte céleste : ls sont tombés, et rien de leur beauté ne reste:
Et toi-même, aujourd’hui, sait-on ee que tu fus ?
O vieil arbre tremblant dans ton écorce urise, Sens-tu couier encore une sève qui grise ?
Les oiseaux chantent-ils sur tes rameaux gercés ?
Moi, je suis un vieil arbre oublié dans la plaine, Et, pour tromper l'ennui dont ma pauvre âme est pleine,
J'aime à me souvenir des nids que j'ai bercés. (Les Gouttelettes)