‹ Anthologie des poètes canadiens [microforme]Chapitre 47 sur 255 · ULTIMA VERBA · texte numérisé non relu

ULTIMA VERBA

Mon rêve a ployé l'aile. En l'ombre qui s'étend, Il est comme un oiseau que le lacet captive.

Malgré des jours nombreux, ma fin semble hâtive; Je dis l’adieu suprême à tout ce qui m'entend.

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Je suis content de vivre et je mourrai content :

La mort n'est-elle pas une peine fictive ?

J'ai mieux aimé chanter que jeter l'invective.

J'ai souffert, je pardonne, et le pardon m'attend.

Que le souffle d'hiver emporte, avec la feuille,

Mes chants et mes sanglots d'un jour! Je me recueille Et je ferme les yeux aux ciels qui l'ont ravi.

Ai-je accompli le bien que toute vie impose ?

Je ne sais. Mais l'espoir en mon âme repose,

Car je sais les bontés du Dieu que j'ai servi.

(Les Gouttelettes)

LES VENGEANCES (Chant VIe : La Sainte Catherine) =

On était en novembre. I] neigeait, les flocons,

Comme de blanches fleurs. s'accrochaient aux buissons. Blancs étaient les sentiers et blanche l'aubépine.

C'était en ce jour-là la Sainte Catherine.

Pour savourer la {ire et pour tromper j'ennui.

Pour chanter et danser. alors comme aujourd'hui,

Au son du violon s'assemblait la Jeuresse,

Jean

Mais ce soir-là, pourtant. le buffet de noyer,

La table, les carreaux, la pierre du foyer,

Tout était plus luisant, Deux chandeliers de cuivre

; Faisaient de la fenêtre étinceler le givre.

La maîtresse empressée allait et revenait,

Mettant tout en son lieu. Près d'elle se tenait,

Souriant quelquefois avee mélancolie,

Comme une âme malade, une fille jolie.

Vingt printemps sur son front avaient semé des fleurs. Les roses et les lis mariaient leurs couleurs

Sur sa lèvre t‘mide et sur sa fraîche joue,

Et sa gorge ondulait comme l'onde qui joue

Sur les sables dorés avec le vent du soir. é Louise était son nom. Souvent son grand œil noir : Avait dans un doux trouble et dans la rêverie

Jeté les jeunes gens qui, dans l'herbe fleurie,

di doter

Lis

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