LE LION, L'OURS ET LE RENARD
Certain Renard, un jour qu'il était en voyage, De soins rongé, tourmenté de la faim,
Vit l'Ours et le Lion disputant pour un daim Que chacun voulait sans partage.
« Parbleu ! se dit aussitôt le matois, « De la forêt laissons faire les rois:
« En évitant leur mâchoire cruelle, « Tirons parti de la querelle, »
Il n'était pas un frane Algérien,
Mais, comme on voit, bon Calédonien.
Pendant que sur le cas en lui-même il raisonne, Decà, delà, chaque lutteur,
De dent, de griffe avec fureur, À l'autre de bons coups il donne,
Tant qu'à la fin, tous deux tombant de lassitude Maître Renard, sans plus d'inquiétude, Peut sous leurs Yeux cette aubaine enlever,
Aux dépens des héros s'égaver et dîner.
J'ai vu souvent dans ma patrie Mes trop légers concitoyens, Canadiens contre Canadiens, Lutter avec même furie:
Nouveaux venus nos pertes calculer, S'en enrichir et de nous sa moquer.
Joseph Mermet
Une partie des vers de Mermet ont paru dans le Spectateur, de Montréal, à partir de 1813. Voir aussi le Répertoire National de Huston.
La colbetion Ma Saberdache, aur archives du Séminaire de Québec, renferme en outre un grand nombre de pièces inédites du même auteur ainsi que loule la correspondance entre Mermet et Viger.
On ne sait que peu de chose de La vie de naquit à Lyon, vers les 1775, 16). IT était lieutenant à ce
Mermet, si ce n'est qu'il qu'il passa trois ans au Canada {1813fameur régiment de Watteville qui, de la
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Sicile où dl faisait du service, rinten ISLE nous préler main-forle contre les Américains. Son poème sur la rictoire de Châteauguay, qu'il publia dès les premiers mois de son séjour au Canada, suffit à Jonder son succès dans un pays où les hommes de lettres étaient rares et la critique peu exigeante.
Légitimiste ardent, le lieutenant Mermet se hâta, à la Restauration, de rentrer en France, où il s'attendait de voir enfin récompensé son attachement aux Bourbons. Mais, complètement méconnu par le nouveau régime, bientôt il regretta améèrement d'avoir quitté le Canada. La dernière fois qu'il donna de ses nouvelles (18207, 1 était à Marseille, déçu, pauvre, malheureur.