JACQUES CARTIER
Marin, grande est ton œuvre et sans tache est ta gloire. Aussi l’écho puissant d’un siècle qui finit
Aux descendants des preux rappelle ta mémoire
Et, fils d’un grand passé, le présent te bénit.
Pourtant nul marbre ici ne redit ton histoire:
Mon regard cherche en vain ton nom sur le granit. Rien ne reste de toi sur ce haut promontoire
Où par surprise, un jour, l'aigle anglais fit son nid !
Console-toi, le temps, de sa puissante griffe Attaquant sans remords le marbre pur, y biffe Les grands noms qu'y grava le ciseau du sculpteur.
Mais dans nos cœurs tu peux des ans braver l’outrage. Jusqu'aux bornes du temps, sans souci du naufrage, Laisse voguer ta nef, Ô grand navigateur !
(Heures perdues)