‹ Anthologie des poètes de MontmartreChapitre 120 sur 160 · JE NE SUIS PAS JALOUX · texte numérisé non relu

JE NE SUIS PAS JALOUX

Je ne suis pas jaloux de ton passé, ma chère, Tu viens, je te reçois, sans même m'informer Si celui que pour moi tu ne vas plus aimer A laissé quelques jours tes charmes en jachère.

Qu'importe d'où tu sois! grande dame ou vachère, Je ne veux rien savoir et puis même affirmer Que si par un hasard j'allais trop t'estimer, Crois-moi, j'en subirais gaîment la folle enchère,

Je jette un voile épais sur tes jours révolus Et ne veux à nul prix connaître ton histoire; Entre ici, librement, sans interrogatoire...

Je te fais grâce aussi des serments superflus. Mais ne te flatte pas de la moindre victoire... J'ai pleuré tout mon cœur, il ne m'en reste plu5.

BULLAT.E NUG^

Ce n'est pas ton sourire agaçant et joyeux

Et quelquefois empreint d'une aimable ironie.

Ni ton front pur, ni môme, autour de tes grands yeux,

L'orbe cyanose que trace l'insomnie ;

Ce n'est pas ton babil, je le trouve ennuyeux, Ni ton sein turgescent, ni ta nuque brunie Où se déroule en flots la masse désunie De ta flave crinière aux méandres joyeux.

Ce que j'aime, vois-tu, c'est l'émail translucide

De tes petites dents, ce clavier gélasin

Qui vibrait au contact de quelque fruit acide

Que pour toi je volais dans le champ d'un voisin, Honnête et bon bourgeois qui lançait à mes trousses, Ainsi que des limiers, ses grandes filles rousses.

I. Ce sonnet, est-il besoin de le dire? parodie la manière de quelques faiseurs de vers de l'école nouvelle.

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