LAURÉATE DU CONSERVATOIRE
Que le diable me patafiole, Si je sais, pour plaire au public, Ce qu'il faut faire d'ultra- chic Et comment présenter ma fiole !
Ma poche, hélas! contient zérol Et je ne peux pas, en vitrine, Transformer ma chaste poitrine Et mes bras nus, mio caro!
Comme la superbe Otero.
Ma garde-robe bat la dèche..
Plus de dessus, plus de dessous.
Et, du traiteur à vingt-deux sous,
Le maigre menu me dessèche.
Que n'ai-je appris, d'un maître expert,
A chanter, mutine et grivoise,
La Ton ki ki la Tonkinoise,
Ou La Conduite à quoi qu'ça sert ?
Je serais au café-concert!
Ah! SI la danse serpentine M'avait ouvert ses horizons Qicz les Bidels, chez les Pezons, J'aurais lui la Sainte-Routinel
OCTAVE PRADBLS 333
Ohl briser les cercles étroits Où l'instruction nous englue!
Devenir une autre Goulue, L'étoile où convergent les rois De l'argent, au ciel montmartrois I
Mais sortant du Conservatoire, Je n'ai rien fait que de piocher Ceux que je voudrais tant lâcher :
Les poètes du répertoire!
Adieu l'Art pur, gonflé de vent, Les Bélises, les Ophélies...
J'aspire aux Bergères-Folies Où je pourrais manger souvent I...
Ne fût-ce qu'un lapin vivant!