‹ Anthologie des poètes de MontmartreChapitre 122 sur 160 · LAURÉATE DU CONSERVATOIRE · texte numérisé non relu

LAURÉATE DU CONSERVATOIRE

Que le diable me patafiole, Si je sais, pour plaire au public, Ce qu'il faut faire d'ultra- chic Et comment présenter ma fiole !

Ma poche, hélas! contient zérol Et je ne peux pas, en vitrine, Transformer ma chaste poitrine Et mes bras nus, mio caro!

Comme la superbe Otero.

Ma garde-robe bat la dèche..

Plus de dessus, plus de dessous.

Et, du traiteur à vingt-deux sous,

Le maigre menu me dessèche.

Que n'ai-je appris, d'un maître expert,

A chanter, mutine et grivoise,

La Ton ki ki la Tonkinoise,

Ou La Conduite à quoi qu'ça sert ?

Je serais au café-concert!

Ah! SI la danse serpentine M'avait ouvert ses horizons Qicz les Bidels, chez les Pezons, J'aurais lui la Sainte-Routinel

OCTAVE PRADBLS 333

Ohl briser les cercles étroits Où l'instruction nous englue!

Devenir une autre Goulue, L'étoile où convergent les rois De l'argent, au ciel montmartrois I

Mais sortant du Conservatoire, Je n'ai rien fait que de piocher Ceux que je voudrais tant lâcher :

Les poètes du répertoire!

Adieu l'Art pur, gonflé de vent, Les Bélises, les Ophélies...

J'aspire aux Bergères-Folies Où je pourrais manger souvent I...

Ne fût-ce qu'un lapin vivant!

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