LE DEMENAGEMENT DE PIERROT
Par dame Fortune, Qui ne l'aime pas, Pierrot, mis à bas, S'en va tirant une Carriole à bras, Au clair de la lune.
Quelle grave affaire, Mon ami Pierrot, Fait que du sergot, Tu crains l'œil sévère^ Fuis-tu donc ton sot De propriétaire?
LasI je déménage, N'ayant plus le sou, Mais le vieux grigou N'aura pas en gage, Sous son lourd verrou, Mon petit ménage.
Car sur ma charrette.
J'ai farine, habits, Guitare, châlits, Chapeau, collerette, Billets doux écrits Par Colombinette.
Et je m'achemine Vers de nouveaux toits, Tandis que la voix Sourde et clandestine Des cloches de bois Chante ma débine.
Pierrot, de ta belle Je cherche et ne vois Le fripon minois Colombinc est-elle Encore une fois Amante infidèle?
Las! en sa rapine, Voulant s'octroyer Le prix du loyer, Le vieux, j'imagine^ A dans son foyer Gardé Colombine '
La musique se trouve chez Joubert, éditeur, 23, rue d'Hauteville, Paris.
Jean Rameau, poète et romancier, né àGaas(Landes), le 19 février iSSq. A publié pour ses débuts, en 1882, Poèmes fantasques, et quelques années après, en 1886, un second volume de vers : La Vie et la Mort, qui obtinrent un vif succès. Puis, sans délaisser complètement la poésie, écrivit des romans où s'affirma son talent délicat de conteur et qui achevèrent d'établir sa brillante réputation. A collaboré à nombre de journaux et revues,
BIBLIOGRAPHIE
Poèmes fantasques iBaschet, 1882). — La Vie et la Mort (Savine, 1886). — Fantasmagories iP. Ollendorff, 1887). — Le Satyre (P. Ollendorfl, 1887). — La Chanson des étoiles (P. Ollendorff, 1888). — Possédée d'amour (P. Ollendorfl", 1889). — La Marguerite de trois cents mètres (P. Ollendorff, 1890). — Moune, roman couronné pap l'Académie Française (Curel et Fayard, 1890). — Nature {Sa.w'\ne, 1891). —Simple (Ollendorff, 1891). — Mademoiselle A^ur (P. Ollendorff, 1893). — La Mascarade (P. OilendorfF, 1893). — La Chevelure de Madeleine (P. Ollendorff, 1894). — La rose de Grenade (P. Ollendorff, 1894). — Yan (P. Ollendorff, 189E). — L'amant honoraire (P. Ollendorff, 1895). — Ame fleurie (P. Ollendorff, 1896). — Le cceur de Régine (P. Ollendorff), 1896). — L'Ensorceleuse (OllendorlT, 1897). — La Demoiselle à l'ombrelle mauve (P. Ollendorff, 1897). — Les Féeries, poésies (Ollendorff, 1897). — Plus que de l'amour [P. Ollendorff, 1898). — La Montagne d'or (P. Ollendorff, 1899). — Le Bonheur de Christine (P. Ollendorff, 1899). — Le Dernier Bateau (P. OUendorff, 1900).