L HOTEL DU N
J'habit' près d' l'Écol* de Méd'cine, Au premier, tout comme un bourgeois, Un' demeur' magnifiqu', divine A l'hôtel du numéro trois.
Il y a pour que tous aient leurs aises Des lits d'fer et des lits en bois, Et de tout's les sort's de punaises A l'hôtel du numéro trois.
Les draps sont grands comm' des serviettes ; Il n'y a qu'un seul modèle, je crois, Et c'est l'chien qui lav' les assiettes A l'hôtel du numéro trois.
Notre potag' roui' dans ses vagues Tant de cheveux que chaque mois Les clients s'en font faire des bagues, A l'hôtel du numéro trois.
On y soigû' parfaitement vot'chambrft, On la balai' mêm' quelquefois ; Et ça n' sent ni Lubin, ni l'ambre, A l'hôtel du numéro trois.
Une doue' fraternité règne, Les voisins y sont très courtois.
Et nous avons tous le mêm' peigne, A l'hôtel du numéro trois.
La maison s'rait des plus tranquilles, Si l'on y jouait pas du hautbois, Du cor et d'un tas d'ustensiles, A l'hôiel du numéro trois.
La bonn' n'est pas un' très bell' fille; Mais nous n' tenons pas au minois :
On lui fait la cour en famille A l'hôtel du numéro trois.
Comm' c'est pas d' l'or qu'notr' bourse enferme Et qu* nous somm's souvent aux abois, Y a plus personn' la velU' du terme, A l'hôtel du numéro trois.
Chansors sans gène, G. Ondet.