‹ Anthologie des poètes de MontmartreChapitre 34 sur 160 · BALLADE DE L ETERNEL REVENEZ-Y · texte numérisé non relu

BALLADE DE L ETERNEL REVENEZ-Y

Chaque proverbe est un enseignement :

L'eau pure va toujours à la rivière ;

Le chien retourne à son vomissement ;

Revient au mal celle qui fut haumière ;

Le papillon recherche la lumière ;

Le chat-huant aime l'obscurité...

Mais il est un dicton, en vérité,

Qui me séduit, que sans doute vous lûtes,

Car La Fontaine en passant l'a cité :

<( Toujours souvient à Robin de ses flûtes. »

Vers bien venu d'un poète charmant,

Gentil reflet d'une âme buissonnière.

Le vieux conteur s'y peint exactement

Avec candeur, sans détour, ni manière :

Comme on l'embourbe un jour dans cette ornière

Qu'on nomme Hymen, d'un pas précipité

Il fuit, laissant femme, prêtre, invité,

Afin d'aller contempler les culbutes

D'une fourmi dans le soleil d'été :

Toujours souvient à Robin de ses flûtes I

Tel le bonhomme, il faut rester l'amant D'une pensée innée et coutumière Sans rechercher un idéal qui ment...

Qu'un gars de ferme épouse une fermière, N'est-ce point là la vérité première?

Pourtant, le rustre accourt vers la cité, Quitte à rentrer, après de vaines luttes, Dans la masure où chantait sa gaieté : Toujours souvient à Robin de ses flûtes I

ENVOI

Princesse-amie, un soir d'iniquité Tu me quittas... ou bien je te quittai... Baste! Vivons nos anciennes minutes I D'un vieil amour mon cœur jeune est hanté. Toujours souvient à Robin de ses flûtes!

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