IDYLLE PARISIENNE
Après la valse, en vous ciisaDt Je ne sais plus quelle fadaise, Je vous trouvai l'air séduisant Et me sentis tout rempli d'aise.
Vers minuit, m'étant enhardi.
En vous quittant, je v,ous ai dit :
(( Demain, soyez à la fenêtre ? »
Vous m'avez répondu : « Peut-être »
Et, ce demain-là, palpitant, Je suis allé dans votre rue.
J'y fis, pendant un bon instant, Pour vos beaux yeux, le pied de grue.
Avant qu'eût bougé le rideau, J'eus le temps d'écrire un rondeau!
Je m'informai : « Vous reverrai- je? »
Vous m'avez répondu : « Que sais-je? m
Mais je revins, le lendemain I
Je m'entête, quand je m'entiche I
Et j'attendis (c'est inhumain)
Le temps d'écrire un acrostiche I
Alors, je me suis décidé;
J'ai frappé, puis j'ai demandé :
(( L'amour va-t-il se mettre en route ? »
Vous m'avez répondu : « J'en doute. »
GEORGES DOCQUOIS 97
Ah! d'honneur! vous m'intéressiez !
Peut-être... que sais-je?... J'en doute... Ainsi, dans mon cœur vous versiez Du scepticisme, goutte à goutte!
Or, brûlant mes vaisseaux, un jour, Je vous dis : « Quand, ma chère amour, A vos rigueurs ferez-vous trêve?
Vous m'avez répondu : « J'y rêve. »
Pour le coup, c'était excessif ;
Et remâchant cette réponse.
Je m'en retournai, tout pensif,
Songeant à part moi : « J'y renonce I m
Je repassai, pourtant, le soir.
Et vous dis : a Allez vous asseoir!
Je suis las de votre système ! »
Vous m'avez répondu : « Je t'aime 1 »
Très justement abasourdi Par cette brusque volte-face.
Tout haletant, je vous ai dit :
(( Voyons, que faut-il que je fasse Pour vous montrer combien mon cœur Subit votre charme vainqueur ?
Parlez! Que voulez- vous, Thérèse?
Vous m'avez répondu : « D'ia braise l
De point en point désappointé
Par celte riposte cynique,
Je demeurai tout démonté
Sous votre regard ironique.-.
A la fin, prenant mon parti,
De la place je suis parti 1
Tu m'as dit : « Quoi ! vous partez, Charles ? «
Et je t'ai répondu : « Tu parles ! »
GEORGES DOCQUOIS 99