‹ Anthologie des poètes de MontmartreChapitre 81 sur 160 · CHEZ LE COIFFEUR · texte numérisé non relu

CHEZ LE COIFFEUR

Chez un commerçant d' mon quanier, Qu'était coiffeur de son métier, Un dimanche matin j'entrais Pour me fair' raser d' frais

Le coiffeur me dit, en souriant ; (( Quell' chanc' pour vous qu'il n'y ait pas d' n\ond( Je n'en ai plus qu' pour un' seconde, Le temps de finir ce client! »

Maisl' client répliqua, nerveux :

(( J'ai des pellicul's dans les ch'veux Qui sont aussi gross's que mon poing, Faudrait m' faire un schampooing 1 »

Le coiffeur me r'dit, en souriant :

« Queir chanc' pour vous qu'il n'y ait pas d* moad( Je n'en ai plus qu' pour un' seconde, Le temps d' schampooingner ce client !

Mais r client reprit : « C'est égal, Je préfère le Portugal, L' schanipooing n'a pas assez d'action, Faudrait m' faire un' friction ! »

Le coiffeur me r'dit, en souriant :

« Queir chanc' pour vous qu'il n'y ait pas d' monde Je n'en ai plus qu' pour un' seconde, i

L' temps d' frictionner ce client! »

Mais 1' client reprit : a Je suis toc Avec cette moustache en croc ; Rasez-la moi. Je s'rai plus beau, J'aurai l'air d'un cabot t »

Le coiffeur me r'dit, en souriant :

« Quell' chanc' pour vous qu'il n'y ait pas d'mondcl Je n'en ai plus qu' pour un' seconde, Le temps de raser ce client! »

Mais le client reprit : « C'est clair

Qu'avec ces ch'veux touffus, j'ai l'air

D'un vulgair' faiseur d'embarras,

Faudrait m' les couper ras! » I

Le coiffeur me r'dit, en souriant :

it Quell' chanc' pour vous qu'il n'y ait pas d' monde! Je n'en ai plus qu' pour un' seconde, Le temps de tondre ce client I »

Ah! monsieur! lui dis-je, ma foi!

J'ai toute la journée à moi, J'attendrai, si vous m'y forcez, Que ses ch'veux soient r'poussés ! »

Autour du Moulin, Flammarion.

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