CHEZ LE COIFFEUR
Chez un commerçant d' mon quanier, Qu'était coiffeur de son métier, Un dimanche matin j'entrais Pour me fair' raser d' frais
Le coiffeur me dit, en souriant ; (( Quell' chanc' pour vous qu'il n'y ait pas d' n\ond( Je n'en ai plus qu' pour un' seconde, Le temps de finir ce client! »
Maisl' client répliqua, nerveux :
(( J'ai des pellicul's dans les ch'veux Qui sont aussi gross's que mon poing, Faudrait m' faire un schampooing 1 »
Le coiffeur me r'dit, en souriant :
« Queir chanc' pour vous qu'il n'y ait pas d* moad( Je n'en ai plus qu' pour un' seconde, Le temps d' schampooingner ce client !
Mais r client reprit : « C'est égal, Je préfère le Portugal, L' schanipooing n'a pas assez d'action, Faudrait m' faire un' friction ! »
Le coiffeur me r'dit, en souriant :
« Queir chanc' pour vous qu'il n'y ait pas d' monde Je n'en ai plus qu' pour un' seconde, i
L' temps d' frictionner ce client! »
Mais 1' client reprit : a Je suis toc Avec cette moustache en croc ; Rasez-la moi. Je s'rai plus beau, J'aurai l'air d'un cabot t »
Le coiffeur me r'dit, en souriant :
« Quell' chanc' pour vous qu'il n'y ait pas d'mondcl Je n'en ai plus qu' pour un' seconde, Le temps de raser ce client! »
Mais le client reprit : « C'est clair
Qu'avec ces ch'veux touffus, j'ai l'air
D'un vulgair' faiseur d'embarras,
Faudrait m' les couper ras! » I
Le coiffeur me r'dit, en souriant :
it Quell' chanc' pour vous qu'il n'y ait pas d' monde! Je n'en ai plus qu' pour un' seconde, Le temps de tondre ce client I »
Ah! monsieur! lui dis-je, ma foi!
J'ai toute la journée à moi, J'attendrai, si vous m'y forcez, Que ses ch'veux soient r'poussés ! »
Autour du Moulin, Flammarion.