PAUL MARROT
Paul Marrot se fit connaître comme poète au club des Hydropathes où l'on appréciait l'ingéniosité de ses sujets, la netteté de sa forme et la justesse impeccable de sa diction. 11 nous souvient d'une pièce de lui, Les Taynbours, où il y avait ce vers:
« Et le tambour major se campe. Il est campé. »
Dans la façon dont il détachait les quatre dernières syllabes, on sentait qu'il fallait à un tel personnage un certain temps pour se camper, et la très petite taille de Paul Marrot se haussait à la statue de son héros.
Il a publié chez Lemerre un volume de vers, Le Chemin du Rire, dont il était fier d'avoir vendu iSj exemplaires. Il faisait du journalisme en province et dirigea pendant plusieurs années V Indépendant de Fontainebleau. 11 faisait aussi du roman feuilleton et se vantait d'y apporter toute la consciencieuse banalité que comporte ce genre de littérature. Quand il m'arrive, disait-il au cours de ma besogne, de rencontrer quelque idée littéraire, ie la note soigneusement, à côté de ma copie, pour m'en servir ailleurs.
Va de fait, ce n'était pas les idées qui lui manquaient, pas même les idées générales: il avait en tête le plan d'une série de volumes de vers qui devaient constituer toute une synthèse philosophique. L'un d'eux fut publié chez Lemerre sous ce titre : Le Paradis moderne; on )